Volleyball, le réconfort de Pakhomenko des Thompson Rivers

Pakhomenko a élevé le jeu non seulement pour ses coéquipières, mais également pour tout le monde du volleyball féminin universitaire.
Pakhomenko a élevé le jeu non seulement pour ses coéquipières, mais également pour tout le monde du volleyball féminin universitaire.

Par Natasha Cyrille, correspondante de volleyball féminin U SPORTS

 

C'est une chose de partir pour l'école ailleurs que dans votre pays ou province. L'excitation de sa première demeure sans parents, le sentiment de l'âge adulte alors qu'on se lance dans de nouvelles aventures et bien sûr, l'appréciation des plats cuisinés maison pendant les vacances.

 

D'aller à l'étranger par soi-même et de n'avoir qu'un contact minimal avec sa famille? C'est une toute autre histoire.  Une histoire que Iuliia Pakhomenko connaît très bien.

 

De l'extérieur, Pakhomenko semble être une athlète talentueuse pour qui tout réussit. L'ailier gauche de cinquième année des Wolfpack de l'Université Thompson Rivers a récemment remporté le prix de joueuse de volleyball féminin U SPORTS, a déjà été nommée à la première équipe d'étoiles canadiennes et a été invitée à s'entraîner avec Équipe Canada l'été dernier.  Elle a également été mise en nomination pour le prestigieux prix BLG en tant qu'athlète féminine U SPORTS de l'année la saison dernière.

 

Mais il fut un temps où les choses n'allaient pas du côté de Pakhomenko.

 

Dès qu'elle a terminé son diplôme de premier cycle à l'Université Northwood à Midland au Michigan, l'étudiante de maîtrise des affaires s'est dirigée vers le nord. Après avoir rencontré l'entraîneur-chef des Wolfpack, Chad Grimm, les deux allaient passer les trois prochaines années à apprendre l'un de l'autre.

 

« Iuliia a beaucoup d'expérience, non seulement au volleyball, mais aussi dans la vie,» a dit Grimm.  « Iuliia a été capable de surmonter de nombreux obstacles dans sa vie pour réussir et l'a fait sans jamais se plaindre. »

 

Le plus grand obstacle: l'espoir que sa famille fasse une voyage sûr vers la Russie, sans pouvoir communiquer avec eux pendant deux semaines.  

 

« Depuis que la guerre a commencé et que l'armée est arrivée dans ma ville natale, ma famille a commencé son voyage d'immigration vers la Russie où nous avions de la famille», a dit Pakhomenko, originaire de Donetsk en Ukraine.  « Ils ont dû changer leur téléphone cellulaire tous les trois jours pour des raisons de sécurité.  Je ne crois pas que beaucoup de joueurs canadiens comprendront la défi que les joueurs internationaux ont à relever, à savoir ne pas pouvoir voir leur famille pendant des années. La dernière fois que je suis rentrée à la maison c'était en 2013, et c'était avant la guerre quand tout semblait aller assez.  Il était difficile d'accepter que chaque fois que je parlais à ma famille, ça pouvit être la dernière. »

 

Ce n'était pas la dernière fois pour l'ailier gauche de Thompson Rivers.

 

Alors que certains sont restés en Ukraine et d'autres sont allés en Russie, les semaines d'attente agonisante se sont terminées. Depuis, Pakhomenko est devenue l'une des meilleures frappeuses du pays.  Cette année, la vétérante des Wolfpack mène la nation avec 4,94 points / set et 316 points en 18 matchs. Elle a également un pourcentage de frappe de .295, bon pour la huitième place au classement U SPORTS de volleyball féminin.

 

La saison dernière, lorsqu'elle a été l'une des huit finalistes pour le prix BLG après avoir remporté le titre d'athlète féminine de l'année de la conférence Canada-Ouest, Pakhomenko a mené le pays au chapitre des points / set (4,67), en points au total (425) et en as au service (50).

 

 « Iuliia a été la pierre angulaire de notre programme depuis que j'ai pris le contrôle en 2014 et quelqu'un sur qui le groupe peut compter pour tout donner lors de matchs difficiles,» explique Grimm. « (Elle est) quelqu'un qui n'a pas peur de foncer dans des situations stressantes.»

 

Après tout ce qu'elle a traversé, il semble que peu d'obstacles peuvent lui barrer le chemin.

 

Pakhomenko terminera son éligibilité U SPORTS cette saison, et quittera bientôt le programme des Wolfpack. Le volleyball a été sa vie; elle a un tatouage d'un ballon de volleyball ailé qui démontre encore plus sa passion pour le jeu. Bien qu'elle ne soit pas certaine de ses plans pour l'avenir, l'entraîneur Grimm est positif qu'elle continuera à aller loin.

 

« Iuliia s'est entraînée avec Équipe Canada l'été dernier et a certainement ce potentiel,» dit-il. «Elle étudie les options professionnelles et je sais qu'elle sera capable de se pousser à ce niveau pour réussir aussi. »

 

Pour le moment, Pakhomenko continue de dominer la scène de volleyball féminin U SPORTS.

 

Le mois dernier, elle a établi un nouveau record pour Canada-Ouest avec 62 points en un week-end de jeu, ce qui lui a valu l'honneur du titre d'athlète féminine de la semaine ArcelorMittal Dofasco U SPORTS.

 

Bien que le volleyball puisse être la vie de Pakhomenko, la famille est tout pour elle.

 

« La famille est une base de succès et de bonheur pour chaque personne.  Les membres de votre famille sont les personnes les plus honnêtes que vous pouvez trouver au monde, sur qui vous pouvez compter à n'importe quel moment de votre vie», dit-elle.  « La seule chose que je peux dire au sujet de ma famille est qu'elle m'a aidé à devenir la personne que je suis aujourd'hui.  L'appui et l'aide qu'ils m'ont constamment apporté, m'ont permis d'arriver où je suis aujourd'hui. Je ne pense pas que j'aurais pu accomplir la moitié de ce que j'ai fait sans eux. »

 

Pakhomenko a élevé le jeu non seulement pour ses coéquipières, mais également pour tout le monde du volleyball féminin universitaire. Son leadership, son éthique de travail et son courage ont apporté un éclairage nouveau sur le programme de Thompson Rivers.

 

La course vers les séries éliminatoires est à l'horizon et c'est un moment qui peut être stressant pour certains athlètes.

 

Mais pour Pakhomenko, c'est là où elle réussit.