De Queen’s jusqu’aux rangs professionnels : Christie Gray et la communauté qui a façonné son parcours
Pour Christie Gray, le soccer lui a ouvert des portes dont elle ne soupçonnait même pas la présence.
L’ancienne joueuse vedette de l’Université Queen’s a joué dans les rangs professionnels en Suède et en Irlande, est revenue au pays pour participer à la saison inaugurale de la Super Ligue du Nord et se prépare maintenant à entreprendre le prochain chapitre de sa carrière. En cours de route, elle a montré à quel point le sport peut être une force au service du bien quand elle a commencé à contribuer activement à l’initiative Le soccer contre le cancer de la Société canadienne du cancer.
Gray affirme qu’un des grands fondements de sa carrière provient du temps qu’elle a passé dans U SPORTS en tant qu’étudiante-athlète.
« J’ai adoré ça à Queen’s », déclare-t-elle.
Au cours de son enfance à Vancouver, Gray a découvert le soccer en jouant avec ses amies sur un terrain de gravier à son école primaire, puis elle a évolué dans les rangs juvéniles à Vancouver. Elle a éventuellement rejoint les rangs du Fusion FC dans la B.C. Soccer Premier League avant de décider de mener ses études et son parcours sportif de front à l’Université Queen’s.
Plusieurs universités l’intéressaient, mais elle s’est aussitôt sentie chez elle quand elle a visité Kingston.
« J’aimais bien tout le monde que j’ai rencontré, indique-t-elle. Quand tu prends une décision qui va t’amener à t’installer aussi loin de chez toi, tu veux t’assurer de te sentir en sécurité et acceptée. J’ai ressenti tout ça à Queen's ».
Cette décision a changé sa vie.
Alors qu’elle faisait ses études en gestion des affaires à la Smith School of Business, Gray a su saisir les occasions qui se présentaient en salle de classe ainsi qu’en dehors. Une des expériences les plus déterminantes qu’elle ait vécues est survenue au cours de sa troisième année d’études à l’occasion d’un échange international en France, où elle s’est entraînée avec un club de soccer professionnel à Bordeaux.
C’était là son premier contact avec le soccer de niveau professionnel.
« Ça m’a ouvert les yeux et fait découvrir tout un monde dont je ne soupçonnais pas l’existence, parce que ça n’existait pas encore au Canada, remarque-t-elle. C’est alors que j’ai commencé à avoir l’ambition de continuer à jouer après les études ».
À l’époque cependant, les débouchés pour les joueuses canadiennes étaient plutôt rares.
Gray se souvient d’avoir joué aux côtés de coéquipières qui avaient le talent pour jouer dans les rangs professionnels, mais qui n’ont jamais eu la possibilité de continuer à pratiquer leur sport après avoir obtenu leur diplôme.
« Il n’y avait pas vraiment de chemin tout tracé ou d’occasions de le faire », souligne-t-elle.
C’est là un contexte qui a changé pour le mieux ces dernières années et Gray en a elle-même profité.
Après avoir complété ses études à Queen’s en 2021, elle est allée jouer dans les rangs professionnels à l’étranger, d’abord en Suède, puis en Irlande pendant deux saisons. Bien que cette aventure lui ait ouvert toutes sortes de portes, elle comportait aussi son lot de défis.
« La période de transition n’avait rien de glamour », affirme-t-elle.
Alors qu’elle vivait à des milliers de kilomètres de chez elle, elle a dû gérer les blessures, le mal du pays, la barrière de la langue et les décalages horaires, en plus de rater plusieurs bons moments en famille.
« La notion de sacrifice entre en jeu parce que tu dois sacrifier pas mal de ta vie personnelle pour pouvoir réaliser ton rêve », fait-elle remarquer.
En vivant toutes ces expériences, Gray s’est appuyée sur un apprentissage qu’elle dit avoir fait à Queen’s, et qui s’est avéré particulièrement utile : l’importance de la communauté.
« Tout le temps que j’y ai passé, tout ce que nous faisions était axé sur la communauté et le soutien de cette communauté, déclare-t-elle. C’est un autre genre de famille ».
Cette capacité à tisser des liens l’a aidée à établir de nouvelles communautés là où le soccer l’amenait à jouer – en Suède, en Irlande et ailleurs.
Quand on a annoncé que la Super Ligue du Nord allait lancer ses activités, Gray y a vu une autre porte qui s’ouvrait.
Après avoir eu vent des rumeurs à ce sujet pendant qu’elle jouait en Irlande, elle a éventuellement signé un contrat avec le Wild de Calgary FC et elle est ainsi revenue au pays pour disputer la saison inaugurale de la ligue.
« C’était irréel », dit-elle du fait de jouer devant près de 15 000 personnes à l’occasion d’un match d’ouverture de la ligue.
« Je n’avais jamais envisagé que ça pouvait être possible ».
Gray s’estime chanceuse de faire partie d’une génération de joueuses canadiennes qui est enfin en mesure d’évoluer dans un club professionnel à la maison.
« C’est un privilège d’avoir cette chance de revenir au pays et de le faire », note-t-elle.
Tout en poursuivant sa carrière, Gray a aussi commencé à participer à fond à la croissance de son sport en dehors du terrain.
Plus tôt cette année, elle est devenue une ambassadrice fondatrice et conseillère stratégique pour Le soccer contre le cancer, une initiative nationale de la Société canadienne du cancer qui vise de rassembler les forces vives du soccer juvénile, universitaire et professionnel pour recueillir des fonds et mener des programmes de sensibilisation.
L’idée a été inspirée par une initiative semblable qu’elle a aidé à mettre sur pied pendant qu’elle étudiait à Queen’s. Depuis, d’autres programmes du genre ont été organisés dans différentes universités au Canada, ce qui a mené à un mouvement national plus étendu.
« Comment pouvons-nous utiliser notre sport et la puissance du bien pour vraiment changer le monde ? » lance-t-elle.
Gray estime que les étudiants-athlètes demeurent au cœur de cette mission.
Elle travaille actuellement à établir des liens entre les programmes de U SPORTS partout au pays pour le programme Le soccer contre le cancer. Elle affirme qu’il est possible d’y arriver en donnant à des leaders étudiants le mandat d’organiser des activations de jour de match une fois l’an et d’informer les autres membres de l’équipe sur la prévention et la recherche contre le cancer.
Pour Gray, cette façon d’exercer son leadership est l’un des plus grands bienfaits de l’expérience qu’elle a vécue à l’université.
« Je pense que les plus belles occasions qui se présentent dans la vie, ce sont celles que tu crées toi-même, affirme-t-elle. Il faut se lancer et aller vers les autres ».
Cette philosophie continue de lui servir de repère sur le terrain et en dehors.
Quand on lui demande ce que le succès qu’elle a connu représente pour elle aujourd’hui, Gray offre une réponse qui n’a pas grand-chose à voir avec les trophées ou les contrats professionnels.
« Le succès, ça veut dire rendre le monde meilleur, lance-t-elle. Tout ce qui en vaut la peine ne s’accomplit pas seul ».
