Jade Essabar de l’ÉTS : la patience comme moteur de réussite
Pour Jade Essabar, le succès ne s'est jamais construit du jour au lendemain.
Arrivée à Montréal en 2022 dans le cadre d'un échange étudiant, l'athlète française a dû s'adapter à un nouveau pays, un nouveau système universitaire et une nouvelle façon de vivre le sport. Quatre ans plus tard, elle affirme que ce sont justement les défis rencontrés en cours de route qui lui ont permis de connaître sa meilleure saison sur le circuit universitaire.
« J'ai appris qu'il faut être patiente et que le travail finit toujours par porter ses fruits », résume l'étudiante-athlète de l'École de technologie supérieure (ÉTS).
Essabar pratique l'athlétisme depuis ses cinq ans. Dans sa famille, plusieurs personnes faisaient déjà de la course à pied, ce qui l'a naturellement amenée vers ce sport.
Si elle est restée fidèle à l'athlétisme au fil des années, c'est parce qu'elle apprécie le travail qu'il exige.
« J'aime le fait de devoir me dépasser tous les jours, explique-t-elle. Pour arriver à avoir de bons résultats, il faut être rigoureux et apprendre à se faire mal. Quand on réussit, la victoire est encore plus belle parce qu'on a vraiment parcouru beaucoup de chemin pour en arriver là ».
Animée par un fort esprit de compétition depuis son enfance, Essabar savait qu'elle voulait poursuivre sa carrière sportive à l'université.
Son parcours l'a toutefois menée bien plus loin que ce qu'elle imaginait.
Originaire de France, elle arrive au Québec pour poursuivre des études en génie de la construction à l'ÉTS. Dès son arrivée, elle cherche à intégrer une équipe d'athlétisme universitaire, mais découvre qu'il n'en existe pas encore dans son université.
Elle rejoint alors le club civil Saint-Laurent Sélect afin de poursuivre son entraînement tout en représentant les Piranhas à titre individuel. Au cours de sa première année, elle rencontre d'autres étudiants partageant la même passion et participe à la création de l'équipe d'athlétisme de l'ÉTS, qui peut ensuite participer officiellement aux compétitions universitaires.
« C'était une très belle réussite », dit-elle.
Au-delà de la compétition, Essabar découvre aussi une réalité bien différente de celle qu'elle connaissait en France.
Dans son pays d'origine, les étudiants pratiquent leur sport principalement dans des clubs civils et doivent eux-mêmes jongler avec leurs études. Au Canada, elle découvre le statut d'étudiante-athlète et l'encadrement qui l'accompagne.
« Tout est beaucoup plus facile à gérer parce qu'on a autour de nous une structure organisée qui est là pour nous aider à performer », explique-t-elle.
À l'ÉTS, Essabar apprécie aussi la proximité qui existe entre les athlètes et les encadrants. « On agit un petit peu comme une famille », raconte-t-elle. Même si cette proximité représente une force, évoluer dans une petite université comporte aussi certains défis.
Pendant plusieurs années, l'équipe ne comptait que très peu d'athlètes et ne disposait pas de toutes les ressources disponibles dans d'autres établissements. Pour Essabar, cela signifiait notamment devoir viser une qualification individuelle aux Championnats de U SPORTS, puisqu'il lui était impossible de participer aux relais.
« C'est un peu le défi d'essayer, malgré une petite université et un petit peu moins de moyens, de donner le meilleur de moi-même pour atteindre le même niveau que les autres », explique-t-elle.
Cette saison, elle a aussi choisi d'effectuer un changement important dans sa carrière.
Ancienne spécialiste du 400 mètres haies, Essabar s'est tournée vers le demi-fond après avoir constaté son potentiel sur les distances plus longues. Elle dispute désormais le 800 mètres durant la saison extérieure ainsi que le 600 m et le 1000 m en salle.
Le pari s'est révélé gagnant.
« Je pense que ça a été une très bonne décision parce que j'ai réalisé ma meilleure année en termes de résultats universitaires », affirme-t-elle.
Selon elle, cette progression ne s'explique pas uniquement par l'entraînement.
Au cours de la dernière année, Essabar a travaillé avec un préparateur mental afin d'améliorer sa gestion du stress, de la concentration et de la déception. Elle a aussi accordé davantage d'importance à son alimentation, à sa récupération et à la musculation.
« Je pense que cette année, c'est peut-être ça qui a fait la différence », dit-elle.
En parallèle, elle poursuit un programme exigeant en génie de la construction. Entre les cours, les entraînements, les séances de musculation et un emploi étudiant, ses journées sont bien remplies.
Malgré les sacrifices, Essabar estime que le statut d'étudiante-athlète constitue un véritable atout.
« Ça nous permet de développer des qualités et des compétences qui vont nous différencier parmi d'autres étudiants, explique-t-elle. La rigueur, l'organisation et l'esprit d'équipe sont des qualités qu'on développe énormément avec le sport universitaire ».
Aujourd'hui, elle préfère ne pas se fixer d'objectif précis pour la suite de sa carrière sportive. Son ambition est avant tout de continuer à progresser et de pratiquer l'athlétisme tant qu'elle y trouve du plaisir.
À ceux qui envisagent de suivre un parcours semblable, particulièrement les étudiants internationaux, son message est simple.
« On n'a rien à perdre, tout à gagner, dit-elle. Il ne faut pas hésiter. Il faut se lancer ».
