D’Assiniboia au stade Mosaic : Quinton Fettes trouve l’équilibre entre le football et l’athlétisme
De la petite ville d’Assiniboia, en Saskatchewan, aux lumières brillantes du stade Mosaic, l’étudiant-athlète de l’Université de Regina a bâti sa carrière universitaire autour de deux sports exigeants : le football et l’athlétisme.
« Battre mon frère à 100 % », répond Fettes en riant quand on lui demande ce qui le motive à s’améliorer.
Le demi offensif des Rams et l’heptathlonien des Cougars a grandi dans une famille axée sur les sports dans le sud de la Saskatchewan, où la compétition était constante et où les succès sportifs faisaient partie de la vie au quotidien. Son grand frère, Logan, était déjà un athlète exceptionnel en athlétisme quand Quinton a fait ses débuts en cinquième année.
« Mon frère était un athlète en athlétisme au secondaire, une grande vedette de l’école, alors il m’y a entraîné », raconte Fettes.
Les succès ne se sont pas fait attendre.
« Je battais tous les autres, honnêtement », dit-il.
Fettes a fait de la compétition au saut en longueur, au saut en hauteur, au triple saut et au 100 mètres au secondaire avant de passer à l’heptathlon à Regina, où il jongle désormais avec sept épreuves : le 60 mètres, les courses de haies, le saut en longueur, le saut en hauteur, le lancer du poids, le saut à la perche et le 1000 mètres.
En même temps, il s’est aussi développé en tant que joueur de football, commençant au football pee-wee avant d’éventuellement se joindre aux Rams comme demi offensif. Toutefois, la transition vers le football universitaire n’a pas du tout été facile.
« La plus difficile en étant demi offensif, selon moi, c’est d’être capable de lire la défense et de lire mes blocs, explique Fettes. Je m’amène avec six joueurs, alors il n’y a pas beaucoup de lecture en cours. C’est juste d’obtenir le ballon et de courir le plus vite possible ».
Fettes admet qu’il a d’abord éprouvé des difficultés avec l’aspect mental du jeu après son arrivée à Regina.
« Quand je me suis amené avec l’équipe, j’étais toujours inquiet », dit-il.
Au fil du temps, la préparation et le mentorat ont aidé à calmer ces nerfs. L’athlète dit qu’il a développé une obsession pour l’apprentissage du livre de jeu, affinant les détails et écoutant les coéquipiers vétérans et les entraîneurs.
« Même si je le connais à 100 %, je l’écris toujours dans mon cahier de notes. Je ne fais que peaufiner ce que je sais ».
L’attention portée aux détails l’a aidé à devenir un rare athlète multisports dans les rangs de U SPORTS, passant l’automne comme joueur de football avant de faire la transition presque immédiatement vers la saison d’athlétisme.
Le changement exige une remise à zéro complète mentalement.
« Au football, c’est go, go, go, tu frappes des joueurs et c’est physique, explique Fettes. Puis, en athlétisme, il faut s’assurer que son corps est à 100 %. C’est plus tempéré ».
Trouver l’équilibre entre deux sports et des études en administration laisse peu de temps libre.
« Le premier semestre est la saison de football, le deuxième est la saison d’athlétisme, alors je dois toujours jongler avec l’école et le sport. Tant que je reste discipliné, ce n’est pas si mal », avance-t-il.
Fettes aborde ce défi en divisant mentalement chaque responsabilité.
« Quand je suis au football, j’y suis mentalement et physiquement, puis quand je suis aux études, je suis un étudiant mentalement et physiquement », mentionne-t-il.
Cet état d’esprit l’a aidé à grandir pour devenir un contributeur dans les deux programmes à Regina, où il donne crédit au personnel d’entraîneurs et à la culture de l’équipe, qui l’aident à se développer.
« Si tu commets une erreur, ils disent ‘OK, voici comment la corriger’, souligne Fettes au sujet du personnel d’entraîneurs des Rams. Au bout du compte, ils savent que nous sommes des humains. Nous commettons des erreurs, nous en tirons des leçons et nous nous améliorons ».
Son expérience universitaire en football lui offre aussi l’occasion de jouer au stade Mosaic, domicile des Roughriders de la Saskatchewan de la LCF, qui a aussi accueilli la Coupe Vanier en 2025.
« C’est super pour un joueur. Le plus haut niveau de football au Canada se joue dans ce stade et c’est génial d’être dans l’atmosphère du football d’élite », estime Fettes.
Malgré ses succès dans les deux sports, Fettes mesure toujours quelques réalisations près de la maison.
« Je dirais que l’accomplissement qui me rend le plus fier, c’est sans hésitation de battre les records personnels de mon frère au saut en hauteur », admet-il.
Son frère s’implique encore grandement pour le soutenir, assistant à ses compétitions et servant même de commentateur en direct aux Championnats d’athlétisme de l’Association Canada Ouest la saison dernière.
Les parents de Fettes lui apportent aussi du soutien, assistant à presque chaque match à domicile et compétition d’athlétisme quand c’est possible.
« Ils sont là à chaque partie à domicile et à toutes les compétitions d’athlétisme en Saskatchewan. Ils sont là pour nous deux ».
Pour le moment, l’objectif est simple : continuer de s’améliorer.
« En athlétisme, je sais que je n’ai pas nécessairement à l’emporter en U SPORTS ou à pulvériser des records. C’est juste de battre mes propres marques et de continuellement me battre. Je veux toujours continuer à m’améliorer », précise-t-il.
Pour les jeunes athlètes qui souhaitent suivre un parcours semblable, son conseil est simple.
« Faites ce que vous aimez. Si vous aimez quelque chose, mais que vous n’êtes pas bon, devenez-le », conclut-il.
