La nageuse Cosgriffe de l’Université Laurier transforme un parcours para en podium
Katie Cosgriffe participe à des compétitions de parasport depuis l’âge de 16 ans, une voie qui s’est présentée à elle après que la nageuse de Laurier eut appris qu’elle avait un handicap et découvert une nouvelle façon d’aller de l’avant avec la natation de haute performance.
« C’est tout simplement quelque chose que j’ai découvert, dit Cosgriffe. Puis j’ai réalisé que de passer au parasport pourrait être une option pour moi ».
Ce changement, dit-elle, a modifié sa relation avec le sport : « Le sport de haute performance m’a beaucoup aidée avec ma confiance ».
Cosgriffe se décrit comme étant « dévouée et une travailleuse acharnée », des traits qui ont façonné son parcours de natation qui a commencé bien avant les médailles, les records et les podiums internationaux.
« J’aime retirer un peu de fierté de cela, dit la nageuse de Laurier.
Je pense que mon éthique de travail est très bonne. Toutefois, je suis aussi quelqu’un qui aime passer du temps avec mes amis et à simplement relaxer ».
Cet équilibre est devenu le cœur des succès de Cosgriffe, tant comme étudiante-athlète avec les Golden Hawks que comme membre du programme de paranatation du Canada.
Son initiation à la natation de compétition est survenue à l’âge de neuf ans, au moment où, admet-elle, elle n’était pas si enthousiaste d’être au bord de la piscine.
« À l’époque, j’étais victime d’intimidation à l’école, dit Cosgriffe.
Mes parents voulaient vraiment que j’aie une activité parascolaire à faire... Mais je ne voulais pas vraiment. Je suis allée aux essais et j’ai pleuré ».
Nerveuse et anxieuse à l’idée d’essayer quelque chose de nouveau, elle a presque tourné les talons avant même le début. Des années plus tard, elle y repense avec reconnaissance : « J’ai beaucoup de gratitude qu’ils m’aient initiée à ça ».
Comme plusieurs athlètes, elle a vécu des moments d’incertitude, contemplant même l’idée de se retirer avant une réunion avec un entraîneur, qui l’a aidée à modifier sa façon de voir les choses.
« J’ai réalisé que personne ne me forçait à être ici ou à faire ce que je fais, à part moi-même, mentionne-t-elle. Ça m’a fait retomber en amour avec le sport ».
Une fois à l’aube des années universitaires, Cosgriffe savait qu’elle n’était pas prête à s’éloigner de la natation.
« Quand je suis passée à un sport de haute performance, j’ai réalisé que j’avais encore beaucoup de temps dans le sport. Je vais en faire tout au long de l’université et probablement par la suite également », dit-elle.
L’Université Laurier s’est présentée comme le match parfait, en grande partie grâce à l’entraîneure-chef Cathy Pardy et à un lien créé aux Jeux d’été du Canada en 2022.
« C’était l’une de mes premières compétitions en tant que para-athlète et ça s’est vraiment bien passé pour moi. Je l’ai vraiment appréciée comme soutien envers l’équipe », ajoute-t-elle.
Maintenant qu’elle fait partie d’une équipe en ascension des Golden Hawks, Cosgriffe rend hommage à la culture de l’équipe comme une force majeure.
« Tout le monde est assez près. Tout le monde se soutient, dit-elle.
Tous les membres de l’équipe se poussent pour être meilleurs ».
Ce soutien a suivi Cosgriffe de près cette saison alors qu’elle a participé à des courses sur la scène internationale aux Championnats du monde de paranatation à Singapour.
« J’ai tout planifié ma saison pour ça, admet-elle. Ne pas aller aux Mondiaux n’était pas une option ».
Cosgriffe s’est qualifiée aux essais en juin et a passé l’été à se concentrer sur sa préparation, notamment en s’entraînant en Thaïlande pour s’acclimater avant la compétition.
« C’était vraiment une belle expérience », mentionne l’athlète.
Participant principalement au 100 m papillon et au 100 m dos, Cosgriffe a livré l’une des plus solides prestations de sa carrière.
« Cette année, j’ai expérimenté plus de plaisir à compétitionner que jamais auparavant. C’était la plus belle compétition de toute ma vie ».
Parmi ses performances, il y a eu des records personnels dans chaque course, deux médailles, un record canadien et un record des Amériques.
« Pour cette course, au cours des deux dernières années aux compétitions internationales, j’ai toujours craqué quelque peu, dit-elle au sujet de ses performances aux épreuves de dos. Je ne voulais plus jamais ressentir cela... Je sais que je peux faire mieux ».
Cosgriffe a remporté la médaille d’argent au 100 m dos et le bronze au papillon, frôlant la victoire par des centièmes de seconde.
« J’étais très emballée de ça, admet-elle. C’était honnêtement tout simplement agréable ».
Au-delà des résultats, Cosgriffe retire de la fierté dans son rôle en représentant le Canada et en inspirant les autres.
« J’aime pouvoir être un modèle pour les jeunes nageurs, souligne-t-elle. J’aime vraiment être en mesure d’inspirer les autres et de représenter le pays ».
Son conseil à la prochaine génération est simple : « Amusez-vous. Un nageur heureux est un nageur rapide ».
Cette philosophie s’étend au-delà de la piscine. En équilibrant ses études et le sport, Cosgriffe est récemment passée d’un double diplôme universitaire à un programme simple pour mieux gérer la charge de travail.
« J’ai pu être au sommet, tant en natation qu’à l’école », précise-t-elle.
Loin des piscines, elle trouve la sérénité grâce à la musique et l’art, en jouant de la guitare et en s’éloignant mentalement du sport.
« Je passe pas mal mon temps à l’extérieur de l’eau à me reposer et non à me concentrer sur la piscine. Ça me procure une pause mentale », affirme-t-elle.
Pour Cosgriffe, le succès ne se mesure plus seulement par des podiums.
« Trouver des petites victoires chaque jour. C’est comme ça que je vois le succès », conclut-elle.
