De joueuse à pionnière : Olivia Ghosh-Swaby sur l’avenir du flag-football féminin au Canada
Pour Olivia Ghosh-Swaby, l’ajout du flag-football au programme de U SPORTS n’est pas seulement un signe que ce sport est en pleine croissance.
Cela veut dire qu’il y aura maintenant des débouchés qui n’existaient pas quand elle a fait ses premiers pas dans cette discipline.
Dans son enfance à Mississauga, Ghosh-Swaby a goûté au flag-football pour la première fois grâce aux tournois que son école primaire disputait. Elle a ensuite joué régulièrement à l’école secondaire. À l’époque, c’était l’un des nombreux sports qu’elle pratiquait avec le volleyball ainsi que l’athlétisme.
« Je ne pensais vraiment pas qu’il y avait un avenir pour moi dans ce sport », déclare-t-elle.
Maintenant, Ghosh-Swaby aide à façonner l’avenir de ce sport dans son ensemble.
Une ancienne joueuse de flag-football à l’Université Western, elle est devenue gestionnaire du développement du flag-football pour Football Ontario tout en poursuivant ses études en tant que neuroscientifique et stagiaire postdoctorale à l’Université Western, où elle a obtenu son diplôme de premier cycle ainsi qu’un doctorat.
Son parcours dans le flag-football a pris un virage important durant ses deuxième et troisième années à Western, alors qu’elle s’est impliquée plus officiellement dans son sport. Attirée par le fait que le flag-football lui permettait d’exploiter sa vitesse et son agilité, des qualités qu’elle avait développées en athlétisme, de même que sa coordination œil-main, une compétence qu’elle avait acquise au volleyball, elle a réalisé qu’elle se passionnait pour ce sport.
« Si je suis tombée en amour avec le flag-football, je pense, c’est parce que ça me permettait de mettre en valeur une combinaison de toutes les aptitudes que j’avais développées dans d’autres sports », note-t-elle.
Ce qu’elle a vécu à Western lui a aussi permis de découvrir un aspect particulier du flag-football universitaire. Contrairement à bien d’autres sports universitaires, les activités étaient organisées en coulisses par les étudiantes-athlètes elles-mêmes.
« Ce sont les étudiantes qui menaient la charge, indique-t-elle. Il fallait s’asseoir et travailler ensemble pour établir l’horaire des entraînements, pour aller chercher des fonds, pour trouver du temps en marge de nos études afin de s’assurer que ça fonctionne ».
Pendant ce temps, le flag-football universitaire devenait de plus en plus important à ses yeux, au point de devenir bien plus qu’un simple sport de compétition.
« Mes meilleures amies pour la vie, elles viennent du football, dit-elle. Jouer au flag-football avec elles, ce qu’on fait maintenant en dehors du milieu universitaire, est devenu une activité permanente que je fais en plus de mon travail ».
Cet environnement mené par les athlètes a aussi contribué au lancement d’un des projets les plus marquants de sa carrière.
Au moment d’occuper des postes de leadership à Western, Ghosh-Swaby a réalisé qu’il y avait ce qu’elle qualifie de déficit d’accès au flag-football universitaire féminin. Dans le cadre des programmes qui avaient été établis en Ontario, on travaillait fort pour offrir des possibilités aux athlètes, mais l’organisation des ligues, des tournois et des activités était avant tout à la discrétion de chacun des établissements.
« Alors j’ai pensé, OK, organisons tout ça à l’échelle provinciale », raconte-t-elle.
Ce qui a commencé par des discussions entre étudiantes en position de leadership sur une page Facebook est éventuellement devenu l’Association de football féminin intercollégial de l’Ontario (OWIFA), une organisation dont le but est de coordonner l’offre de compétitions, de promouvoir les programmes universitaires et de favoriser un plus grand accès à ce sport.
Ghosh-Swaby a aidé à jeter les bases de la ligue, à établir des liens avec les établissements, à obtenir des subventions et à s’assurer que les athlètes profitent d’opportunités partout en Ontario.
« Je n’étais pas toute seule, précise-t-elle. J’avais une équipe composée d’autres étudiantes qui voulaient aussi contribuer ».
Le travail a continué de se faire malgré la pandémie de la COVID-19. Quand la compétition a dû prendre une pause, l’OWIFA s’est tournée vers la communication en ligne, offrant des ateliers éducatifs qui permettaient aux étudiantes de se familiariser avec le travail d’entraîneure, d’administratrice du sport et de responsable des communications tout en gardant le contact avec leur sport.
Puis, la compétition a repris et la croissance aussi.
Selon Ghosh-Swaby, le nombre d’établissements participants est passé de sept ou huit à une quinzaine en quelques années. Certains d’entre eux ont même commencé à aligner plusieurs équipes tellement le niveau d’intérêt était élevé.
La croissance qu’elle a observée en Ontario est l’une des raisons pour lesquelles Ghosh-Swaby voit avec optimisme l’avenir du flag-football féminin à l’échelle nationale.
Elle estime que la décision de U SPORTS d’ajouter le flag-football féminin à ses activités contribuera à accélérer le développement de ce sport partout au pays parce que cela permettra d’établir un parcours plus clair pour les athlètes et d’encourager les universités à investir davantage dans ce sport.
« L’Ontario a montré dans quelle mesure ce sport peut évoluer rapidement si tu t’y investis, souligne-t-elle.
Ghosh-Swaby espère que l’ajout d’une compétition de U SPORTS stimulera davantage la croissance du flag-football d’un océan à l’autre, et ce, en bâtissant sur les bases des programmes déjà en place en plus d’en aider d’autres à s’établir.
« Il s’agit de mettre tout le monde au Canada sur la même longueur d’onde et de leur montrer ce à quoi le flag-football peut ressembler », assure-t-elle.
Par ailleurs, elle considère que l’ajout de son sport au sein de U SPORTS fait aussi partie d’une tendance plus vaste étant donné que le flag-football fera ses débuts olympiques aux Jeux de Los Angeles en 2028 et qu’on offre aux femmes de plus en plus de possibilités de pratiquer ce sport à tous les niveaux.
« Le fait que ce soit aux Jeux olympiques, ç’a eu un effet domino, fait-elle remarquer. Maintenant avec U SPORTS, tout s’aligne et ça commence à être plus logique ».
Ce qui est sans doute le plus gratifiant pour Ghosh-Swaby, c’est le fait de savoir que les athlètes du futur auront accès à des possibilités dont elle n’aurait jamais osé rêver quand elle a commencé à jouer au football.
« Je ne considérais pas le flag-football comme une perspective, déclare-t-elle. Maintenant, les athlètes ont un endroit où jouer à tous les niveaux ».
À titre d’étudiante-athlète, de fondatrice d’une ligue, d’administratrice et de porte-parole pour son sport, Ghosh-Swaby a vu de ses propres yeux à quel point le flag-football féminin a évolué. Au moment où ce sport s’apprête à vivre une nouvelle ère dans le cadre de la programmation de U SPORTS, elle continue de vouloir aider la prochaine génération à trouver sa place au sein de ce sport.
« Maintenant, elles vont avoir un endroit où jouer à tous les niveaux », dit-elle.
