Gabriela Cross établit des normes nationales à la lutte et dans ses études
Pour Gabriela Cross, l’excellence n’a jamais été une question de prendre des raccourcis.
Elle s’est bâtie au fil de longs quarts de travail à l’hôpital, d’incessantes séances d’entraînement et d’un inébranlable engagement envers le processus, une épreuve s’ajoutant soigneusement à une autre.
Cette approche a fait de la lutteuse de l’Université de Calgary l’une des étudiantes-athlètes les plus accomplies du sport universitaire canadien. En 2024-2025, Cross a couronné une saison historique en étant nommée parmi le Top 8 des Étoiles académiques canadiennes, la plus récente reconnaissance d’une carrière définie par la constance sur les tapis et la précision en classe.
Quatre fois parmi les étoiles canadiennes de l’U SPORTS, Cross a maintenu une moyenne pondérée parfaite de 4,0 tout en obtenant un diplôme de premier cycle en soins infirmiers, réussissant à trouver l’équilibre entre l’un des programmes les plus exigeants du pays et la lutte de niveau élite.
« Je suis juste une travailleuse acharnée, mentionne-t-elle. J’ai seulement besoin que les choses soient faites ».
Cet état d’esprit l’a transportée bien plus loin que ce qu’elle avait imaginé au départ quand elle a mis le pied sur le tapis de lutte pour la première fois.
Cross a grandi en étant immergée dans le sport. Elle a joué au hockey pendant une décennie avant de suivre son grand frère au rugby. La lutte est arrivée tard dans sa vie, presque par accident, à sa dernière année au secondaire.
« Mon entraîneur de rugby m’a dit : "Tu devrais te joindre à la lutte pour que tu puisses être meilleure dans tes plaqués", explique Cross. Je me suis donc jointe à la lutte et j’ai fait quelques tournois, puis la COVID a frappé ».
Tandis que plusieurs sports ont fait du surplace pendant la pandémie, la lutte s’est adaptée. L’entraînement est passé en ligne, les séances se déroulaient sur Zoom, et Cross a continué de se présenter.
Quand est venu le temps de choisir une université, elle voulait un endroit où elle pourrait étudier en soins infirmiers tout en continuant le rugby et la lutte. Calgary s’est démarquée.
« L’Université de Calgary était pas mal la seule option », dit-elle.
Avant la fin de sa première année, son parcours avait déjà changé. Cross a fait partie de sa première équipe nationale de lutte et a commencé à reconnaître où son potentiel à long terme se trouvait véritablement.
« J’ai pensé que les chances de me rendre aux Jeux olympiques un jour étaient plus en ma faveur en lutte qu’au rugby », dit-elle.
Ce qui l’a complètement attirée dans ce sport, c’est sa nature intransigeante.
« La lutte est une vraie corvée, dit Cross. C’est un sport individuel. Si tu performes bien, c’est grâce à toi. Si tu commets une erreur, c’est à cause de toi. La seule responsable, c’est toi ».
Cette responsabilité a fait écho chez elle. Là où elle a parfois intériorisé les résultats collectifs des sports d’équipe, la lutte lui a offert de la clarté et une propriété.
« C’est véritablement toi. C’est tout », a-t-elle mentionné.
À Calgary, Cross a trouvé bien plus qu’un environnement d’entraînement. Elle a trouvé une communauté.
« Le club de lutte des Dinos est comme une famille, a-t-elle confié. Quand tu visites d’autres clubs, que tu vois comment ils fonctionnent et que tu reviens dans ton propre club, tu comprends l’importance des liens ».
Ces liens l’ont aidée à façonner son style de leadership. En s’entraînant autant aux côtés des hommes que des femmes, Cross a appris comment gérer diverses personnalités, attentes et dynamiques émotionnelles qui viennent avec le sport de haute performance.
« J’aime prêcher par l’exemple, admet-elle. Dans ses entraînements difficiles, c’est de faire en sorte qu’ils ont l’air faciles d’une certaine manière, de juste continuer à pousser pour passer à travers et ne pas abandonner. »
Cette même discipline a défini sa vie académique.
Elle a trouvé l’équilibre entre les soins infirmiers et la structure exigeante du sport universitaire, la motivation et la constante communication. Cross attribue ses succès à sa proactivité avec les enseignants, les entraîneurs et les conseillers.
« Je n’ai rien fait de tout ça toute seule, dit-elle. Les conseillers en soins infirmiers et les conseillers sportifs m’ont aidée à modifier quelques-unes de mes affectations pour qu’elles soient plus près de l’université ».
L’horaire était sans relâche. Les quarts de travail à l’hôpital empiétaient sur les entraînements. Le travail de nuit était suivi d’entraînements, puis de devoirs jusque tard en fin de soirée.
« Après mes journées très éreintantes de travail à l’hôpital, je devais aller directement à l’entraînement de lutte. Je travaillais sur le quart de nuit, puis je devais ensuite essayer de faire un exercice de plus ».
Quand j’ai obtenu de la reconnaissance, ça m’a enlevé un poids.
« J’avais l’impression que tout le travail acharné avait payé, dit-elle. C’est comme si tout avait valu la peine ».
Sur le tapis, les résultats ont été tout aussi catégoriques.
Pendant la saison 2024-2025, Cross a mis la main sur l’or de l’Association Canada Ouest et de U SPORTS chez les 56 kg, affichant un bilan parfait de 4-0 au championnat national, sans concéder un seul point. Sa domination lui a valu le titre de Lutteuse par excellence de U SPORTS et a aidé les Dinos de Calgary à remporter la médaille d’argent nationale par équipes.
Au-delà de la compétition universitaire, Cross continue d’exceller à l’international. Elle a remporté l’argent aux Championnats panaméricains 2025 chez les 57 kg et a représenté le Canada chez les moins de 23 ans et les moins de 20 ans.
« Je représente le Canada aux Championnats du monde et aux Championnats panaméricains. Le Canada est très respecté dans ces compétitions et je suis heureuse d’en faire partie », dit-elle.
L’objectif à long terme est toujours clair.
« Je me sens si près, dit Cross au sujet de sa route vers les Jeux olympiques. C’est ma plus grande motivation ».,
Cette quête a récemment fait un grand pas en avant quand elle a obtenu un brevet de l’équipe nationale, ce qui lui offre un soutien financier alors qu’elle participe à des compétitions de niveau senior, tout en étant dans le groupe d’âge des moins de 23 ans.
Loin de la compétition, Cross est tout autant motivée par son avenir en soins infirmiers. Inspirée par sa mère, qui est aussi infirmière, elle espère travailler en soins communautaires, aidant les gens en situation d’itinérance ou aux prises avec des dépendances.
« Ce sont des secteurs très vulnérables, souligne-t-elle. On entend leurs histoires et ils veulent de l’aide, alors j’aimerais faire partie de leur parcours pour obtenir ce soutien. »
Ses influences restent près de la maison, avec sa mère, son frère et son entraîneure, une médaillée olympique qui s’entraîne toujours auprès de l’équipe.
« Elle lutte avec nous tous les jours à l’entraînement, affirme Cross. Elle a deux enfants. Je trouve ça incroyable ».
La performance mentale est devenue une pierre angulaire du développement de Cross, tant dans le sport qu’en classe. Que ce soit en tenant un journal, en établissant des objectifs et en repensant aux séances d’entraînement, elle a appris à se concentrer sur ce qu’elle peut contrôler, une aptitude qui se transpose facilement du sport à l’école.
« Ça aide beaucoup. Il faut savoir comment tenir un journal afin qu’il nous soit le plus utile possible », indique-t-elle.
En repensant à son parcours, Cross a un conseil tout simple et terre-à-terre pour les jeunes étudiants-athlètes.
« Faites-le, tout simplement. Vous ne saurez jamais à moins d’essayer. Il y a probablement quelqu’un qui l’essaie aussi pour la première fois et vous pourriez devenir amis », conclut-elle.
