Le gardien de but de Waterloo Mathias Onuska choisi au sein du Top 8 des Étoiles académiques canadiennes
Mathias Onuska ne craint pas de s’attaquer aux tâches les plus difficiles sur la glace ou en salle de classe.
Si le gardien de but de l’équipe masculine de hockey de l’Université de Waterloo est devenu ce qu’il est, c’est à force de vivre des moments qui rendent la plupart des athlètes inconfortables, ces moments où tout semble ralentir et dont l’issue a tendance à se résumer à un seul mouvement du bâton, un seul tir, une seule chance de bien lire le jeu.
« Personnellement, j’aime cette pression, même que c’est le genre de moment que je préfère, indique Onuska. J’aime tout simplement le fait d’avoir la capacité, d’une manière ou d’une autre, d’aider mon équipe à gagner et, en quelque sorte, de contrôler un peu l’issue du match de cette façon ».
Cette mentalité lui a permis de connaître une saison qui l’a propulsé au sein de l’élite du sport universitaire canadien et qui lui a valu une place parmi le Top 8 des Étoiles académiques canadiennes 2024-2025.
Étudiant de troisième année spécialisé en sciences de la santé, Onuska a affiché une remarquable moyenne scolaire de 96,7 pour cent, si bien qu’il a été reconnu en tant qu’un des plus brillants étudiants-athlètes de premier cycle à Waterloo pour une deuxième année de suite.
Sur la glace, il a été si solide cette saison que les attentes à son égard sont maintenant plus élevées. Onuska a été le meilleur au pays avec un taux d’arrêts de ,941 et il a affiché une moyenne de buts alloués par match de 2,18, ce qui lui a permis de remporter les titres de gardien de but de l’année des SUO et de U SPORTS. Waterloo a connu du succès tout au long de la campagne grâce à ses performances et c’est ainsi qu’il a été nommé athlète masculin de l’année chez les Warriors.
Demandez-lui comment il arrive à faire tout ça, comment il fait pour bien gérer les entraînements en fin de journée, les déplacements, la récupération et les examens, et Onuska refusera d’en prendre tout le crédit.
« Pour être bien honnête, ce n’est pas vraiment un secret, affirme-t-il. Je suis vraiment chanceux d’être dans un milieu comme celui que nous avons dans notre équipe. Tout le monde dans l’équipe se soucie beaucoup de la réussite scolaire et sportive ».
C’est là une ambiance, dit-il, qui amène tout le monde à prendre ses responsabilités.
« Nous nous assurons d’être tous imputables les uns envers les autres et il y a bien des dimanches après les matchs qui sont consacrés aux travaux
scolaires », dit-il.
Ce même sens de la discipline transparaît quand il décrit son style de jeu devant le filet. Rien de tape-à-l’œil ou de frénétique, mais plutôt des mouvements contrôlés.
« Je joue avec beaucoup de calme devant le filet, assure-t-il. Je suis très bon pour me mettre en bonne position pour faire face aux tirs et pour lire le jeu ».
Cette capacité à rester calme n’est pas arrivée par accident. Onuska a grandi à Waterloo, où il était le plus jeune enfant d’une famille très active.
« Nous étions toujours en train de faire du sport ensemble, dit-il en faisant allusion à son frère et à sa sœur. Nous avons joué au soccer, au basketball et à toutes sortes de choses dans l’entrée (de garage) ».
C’est à force d’essayer de suivre le rythme de son frère et de sa sœur, tous deux ses aînés, qu’il a appris à compétitionner et constaté à quel point il est utile d’essayer de batailler même quand ce n’est pas facile de le faire.
« Le fait d’être le plus jeune m’a poussé à vouloir tenir la cadence, souligne-t-il.
Onuska a commencé très tôt à jouer au hockey, à l’âge de cinq ou six ans. Bien souvent, il se retrouvait devant le filet quand son frère voulait s’exercer à tirer au but devant la maison.
« Mon frère aîné était joueur de hockey et il voulait jouer devant la maison, alors j’étais le gardien », dit-il.
Quand il s’est retrouvé à l’école secondaire, il a commencé à penser qu’il avait peut-être l’étoffe nécessaire pour accéder aux niveaux supérieurs.
« À mes débuts à l’école secondaire, j’ai vu qu’une ligue comme la Ligue de l’Ontario représentait peut-être quelque chose de possible », rappelle-t-il.
C’était effectivement le cas. Onuska a été repêché et il a ensuite signé un contrat de joueur, s’alignant avec les Knights de London et les Spitfires de Windsor dans la Ligue de l’Ontario avant de retourner à la maison afin de prioriser les études de haute performance tout autant que le sport de haute performance.
Ce retour à Waterloo était fondé sur bien plus que le fait qu’il s’agissait de sa ville d’origine. Onuska dit avoir été attiré par la réputation de l’université ainsi que par les standards qu’on a établis au sein du programme des Warriors.
« Waterloo, c’est évidemment un établissement formidable et j’étais vraiment à l’aise avec l’idée de vivre dans cette ville, note-t-il. Étant donné que Brian Bourque, l’entraîneur-chef de notre programme, est quelqu’un de très respecté, j’ai trouvé que ce serait le choix idéal pour moi, pour que je puisse y faire des études de qualité ».
Son champ d’études se marie bien à ses plans d’avenir. Onuska a fait savoir qu’il est en voie de s’inscrire à l’école dentaire, estimant que les sciences de la santé sont le bon tremplin pour ce faire parce qu’on y combine l’étude des notions scientifiques de base et une vision plus large de la santé.
« Je trouvais que les sciences de la santé me donneraient le diplôme de premier cycle idéal, affirme-t-il. J’ai vraiment aimé le temps que j’ai passé à apprendre toutes ces choses scientifiques, mais aussi, et encore plus même, ces choses sur la santé publique. »
Son attirance pour la dentisterie trouve sa source sur la patinoire. En tant que gardien, il a vu ce que les rondelles, les bâtons et les visières peuvent provoquer comme dommages dans le feu de l’action et ça lui est resté.
« C’est à force de voir les gars perdre une dent, des choses comme ça, dit-il. Un de mes meilleurs amis dans l’équipe s’est fracturé la mâchoire. Ce qui fait que je trouve qu’il n’y a pas mal de choses intéressantes que les dentistes peuvent voir et faire ».
Onuska a des habitudes de base qui lui permettent d’exceller dans tous les aspects de la vie – la patience qu’un gardien doit avoir avant qu’une séquence de jeu aboutisse, l’assiduité d’étudier les mêmes concepts à répétition jusqu’à ce qu’il les maîtrise, la discipline pour se lever le lendemain et recommencer.
« J’ai constaté que les études et le sport vont un peu de pair, fait-il remarquer. Les principes et valeurs qui vous permettent de réussir comme athlète ou comme étudiant sont pas mal les mêmes ».
Quand est arrivée la nomination au sein du Top 8, Onuska l’a considérée de la même façon que les autres aspects de sa vie, c’est-à-dire comme un reflet de la valeur des gens qui l’entourent.
« Je me sens privilégié, c’est un grand honneur, avoue-t-il. Il revient aussi à toutes les personnes dans ma vie qui ont rendu tout ça possible. Mes parents, mes coéquipiers, mes entraîneurs, tout le monde ».
Dans le vestiaire des Warriors, il a su adopter un rôle de leader qui, selon lui, fait tout naturellement partie de son travail. Ce leadership, il ne l’affiche pas à l’aide de discours, mais plutôt en cherchant à livrer de bonnes performances le plus régulièrement possible.
« J’essaie surtout d’afficher de la constance, que ce soit dans ma façon de me concentrer ou de m’échauffer, de faire toutes les petites choses que je peux faire pour aider », dit-il.
À l’extérieur de la patinoire, Onuska s’est doté d’un curriculum vitae en matière de service communautaire qui est à l’image de ses performances et de sa réussite scolaire. Il œuvre comme bénévole à la ferme KW Habilitation, soutient des programmes de hockey pour Autochtones, donne un coup de main dans le cadre de camps de hockey d’été et agit comme mentor entre pairs pour l’initiative Rise-Up, ce qui l’amène à aider des étudiants-athlètes de première année à s’adapter à la vie universitaire.
Il a dit aimer ce rôle de mentor puisqu’il se sent utile quand il aide quelqu’un à éviter les écueils qui accompagnent souvent les premiers moments à l’université.
« Ç’a été une expérience vraiment cool d’être un mentor pour Rise-Up, dit-il. J’aime le fait de pouvoir encadrer des étudiants-athlètes de première année et les aider à s’ajuster non seulement à leurs études, mais aussi à la pratique de leur sport au niveau universitaire ».
Cette vision des choses est en partie attribuable à son propre vécu. Onuska avait 20 ans déjà quand il a commencé l’université, et cette expérience l’a marqué puisqu’il a alors réalisé à quel point l’horaire d’un étudiant-athlète peut être exigeant.
« J’ai vu que c’est tout un défi d’être un étudiant-athlète, affirme-t-il. Je veux vraiment faire quelque chose pour peut-être aider une personne qui vit ça pour la première fois ».
À ses yeux, le bénévolat n’est pas quelque chose qu’on fait seulement quand ça nous convient, c’est avant tout une façon d’établir un sens de la communauté et d’enrichir sa vision de la vie.
« Le bénévolat a beaucoup de valeur parce que tu aides des gens et tu vis des expériences intéressantes, a-t-il affirmé. Tu peux voir l’incidence de tout ça quand tu donnes un coup de main ».
