Isaac Heslinga a cumulé la rigueur de l’ingénierie et l’excellence au volleyball en route vers le Top 8 des Étoiles académiques
Isaac Heslinga a connu du succès à force de respecter sa routine et non pas en cherchant les marques de reconnaissance. En gérant avec brio les exigences d’un programme d’études en ingénierie mécanique ainsi que les attentes qui viennent avec le fait de faire partie d’une des meilleures équipes de volleyball masculin au pays, le brillant étudiant-athlète de l’Université de l’Alberta s’est forgé une carrière d’une durée de cinq années caractérisée par le sens de la discipline, un niveau d’effort constant et un rythme de développement soutenu. C’est là une combinaison qui lui a valu d’être nommé au sein du Top 8 des Étoiles académiques canadiennes de U SPORTS 2024-2025.
Étudiant de cinquième année originaire d’Orangeville, en Ontario, Heslinga est devenu une Étoile académique canadienne après avoir connu une dernière saison tout à fait exceptionnelle, lui qui a alors établi de nouveaux standards en termes d’efficacité et de leadership au sein du programme des Golden Bears.
« J’essaie de ne pas regarder trop loin dans l’avenir, affirme Heslinga. Même au cours d’une saison, je ne pense pas vraiment au championnat national à venir. Je ne pense pas aux éliminatoires. J’essaie juste de me concentrer sur le jeu et sur ce que je peux faire pour aider dans le moment présent ».
Cette mentalité a eu une incidence sur sa façon d’aborder les compétitions ainsi que sur son parcours scolaire.
Heslinga a été le meneur dans l’Association Canada Ouest ainsi qu’à l’échelle de U SPORTS au cours de la saison 2024-2025 au chapitre des attaques marquantes, des attaques marquantes par manche ainsi que des points et des points par manche, lui procurant un taux d’efficacité qui lui a permis de se classer parmi les attaquants les plus efficaces qu’on ait vus dans les rangs universitaires depuis des décennies. Son taux d’efficacité de .373 à l’attaque dénote non seulement à quel point il a des atouts sur le plan physique, mais montre aussi avec quelles précision et régularité il a su les exploiter. Au fil de sa carrière, il s’est hissé au premier rang dans l’histoire de l’Université de l’Alberta pour le nombre d’attaques marquantes, les points et les as au service, venant ainsi couronner un parcours qui a coïncidé avec les succès soutenus du programme des Golden Bears à l’échelle nationale.
Pourtant, Heslinga n’a pas accédé à une telle notoriété en misant tout sur la pratique d’un seul sport. Plus jeune, il a été joueur de crosse, suivant les traces de son frère aîné dans ce sport avant de passer à autre chose quand il était en huitième année à l’école.
« Mon frère a joué un peu au volleyball dans un club et à l’époque je jouais encore à la crosse, raconte Heslinga. Alors j’ai décidé qu’il était temps de faire un changement. J’ai rejoint les rangs d’une équipe du club local et, ensuite, mon frère a joué dans les rangs collégiaux, alors je voulais faire la même chose que lui, jouer au volleyball au niveau postsecondaire et jouer à l’université. Et voilà que j’en suis au stade où je joue dans les rangs professionnels ».
Heslinga a décidé de quitter l’Ontario afin de s’installer en Alberta pour des raisons sportives et aussi parce qu’on lui a offert une bourse d’études. Pendant sa visite de recrutement, il a constaté qu’il s’agissait d’un programme qui était à la hauteur de ses ambitions et que l’établissement offrait un parcours scolaire qui concordait avec ses champs d’intérêt.
« J’ai vraiment aimé l’expérience que j’ai vécue quand je suis allé rendre visite à l’équipe à l’Université de l’Alberta, dit-il. Le niveau de jeu au volleyball dans l’Association Canada Ouest est très élevé et je voulais jouer au plus haut niveau possible. Le diplôme en ingénierie qu’ils m’offraient représentait aussi quelque chose d’exceptionnel ».
Les études en ingénierie se sont toutefois avérées un défi aussi formidable que d’affronter un contre de l’adversaire sur le terrain. Heslinga s’est inscrit à la faculté d’ingénierie parce qu’il s’intéressait aux mathématiques et à la science, mais sa période d’adaptation ne s’est pas faite sans heurt.
« À ma première année en ingénierie, je me suis vraiment demandé si c’est ça que je voulais faire, indique-t-il. C’était pendant (la période de restrictions en raison de) la COVID, donc c’était tout un défi. Je dois avouer que mes notes n’étaient pas très bonnes au début ».
S’il a continué, ce n’est pas seulement parce qu’il a fait preuve de persévérance, c’est aussi parce qu’il a reçu l’aide de son entourage. Heslinga donne le crédit à ses camarades de classe, dont plusieurs devaient composer avec la même charge de travail, alors que ceux-ci l’ont aidé à trouver ses repères.
« Ça fait une énorme différence quand tu as des amis qui sont en train de vivre la même chose, parce que tu réalises que tu n’es pas tout seul, souligne-t-il. Nous avons pu travailler ensemble, nous aider les uns les autres et discuter des soucis que nous avions. Ç’a aidé énormément ».
Le fait de pouvoir se fier sur l’aide des autres a aussi été un élément important dans le cadre de sa progression sur le plan sportif. Quand Heslinga est arrivé à Edmonton, il était l’une des recrues les moins volubiles dans le vestiaire. Au fil du temps, la situation a changé.
« Je ne parlais pas beaucoup à mon arrivée à l’université, note-t-il. Avec les années, j’ai commencé à sortir un peu de ma coquille et, éventuellement, le contexte a évolué au point où j’ai été nommé capitaine à ma dernière année ».
La fonction de capitaine est venue elle aussi avec son lot d’apprentissages, d’autant plus qu’au cours de cette dernière saison, les attentes étaient élevées et il y a eu quelques défaites crève-cœur.
« Quand ça ne va pas comme tu veux, c’est probablement le plus gros test de leadership que tu peux passer, fait remarquer Heslinga. Le fait de pouvoir rassembler les gars après une grosse défaite, gérer tes propres émotions et aussi aider au niveau de ce que les autres vivent, c’est là une belle occasion d’évoluer ».
Sur le terrain, Heslinga a continué de préconiser son style de jeu empreint de sobriété. Il n’était pas très entiché des gestes théâtraux ou spectaculaires, préférant laisser ses performances parler pour lui.
« Je suis plutôt réservé, souligne-t-il. Je vais célébrer après les points, mais je ne suis pas du genre à me donner en spectacle. J’essaie de communiquer quand j’ai besoin de le faire, mais je dirais que je suis assez tranquille sur le terrain ».
Ce sang-froid déteint aussi sur son approche mentale. Rester dans le moment présent est l’un des fondements de sa réussite, a affirmé Heslinga, surtout que le volleyball est un sport où l’initiative du jeu peut changer de côté à tout moment dans un échange.
« Il se marque plus de 100 points dans un match et tu en remportes à peu près la moitié, remarque-t-il. La capacité de pouvoir effacer le tableau à chaque point est une qualité très importante ».
Un outil très concret l’a aidé à optimiser son niveau de concentration à ce titre.
« La technique de respiration, affirme Heslinga. Avant chaque jeu, je prends une profonde respiration et je fais le vide dans ma tête pour oublier le point précédent. Ça m’aide à rester dans le moment présent et à être prêt ».
Ce sens de la discipline a continué de lui être utile dans le cadre de sa carrière postuniversitaire. Maintenant joueur professionnel en France avec le club Tours Volley-Ball, Heslinga affirme que les bonnes habitudes qu’il a prises au cours de ses années dans le réseau U SPORTS demeurent au cœur de son identité d’athlète.
« Les Canadiens sont réputés pour leur capacité à travailler fort, rappelle-t-il. Faire preuve d’assiduité au gymnase, faire le plus de répétitions possible et tout donner à l’entraînement, c’est là quelque chose que j’ai appris à faire au cours de mes années à l’université et que j’ai continué à mettre en pratique ».
Heslinga affirme que sa sélection au sein du Top 8 des Étoiles académiques canadiennes représente quelque chose de très spécial sur le plan personnel.
« J’ai regardé la liste des personnes choisies avant moi et c’était vraiment génial de voir certains des noms qu’on y retrouvait, affirme-t-il. L’un d’eux, en fait, a été mon coéquipier et mon colocataire pendant trois ans. Ça me touche beaucoup de faire partie d’un groupe qui est composé de toutes ces personnes vraiment formidables ».
Aux yeux de Heslinga, cet honneur n’est pas le point culminant, mais plutôt le reflet de l’effort soutenu qu’il a donné. C’est aussi la preuve que la progression d’un athlète n’a rien de linéaire, mais qu’elle est toujours méritée.
« On ne peut pas dire que j’ai commencé en force, conclut-il. Toutefois, au bout du compte, on a fini par comprendre ce qu’il fallait faire ».
