La capitaine de l’équipe de basketball féminin des Gryphons Rain Jhaj donne l’exemple sur le terrain et en dehors avec le programme « She’s Got Game »
L’arrière de l’Université de Guelph Rain Jhaj considère que le leadership ne se limite pas qu’aux statistiques, c’est aussi et surtout une question d’influence sur ses coéquipières, sur les plus jeunes athlètes et sur l’avenir du sport féminin.
Étudiante de quatrième année en psychologie et capitaine de l’équipe de basketball féminin des Gryphons de Guelph, Jhaj a appuyé sa façon de jouer sur une manière d’être qu’elle qualifie de « meneuse extrovertie », une approche qui a été influencée autant par la façon dont elle a été élevée que par le temps qu’elle a passé sur un terrain.
« Je pense que ç’a toujours été un de mes objectifs depuis le début », affirme Jhaj.
Son parcours au basketball a commencé très tôt à Caledon, en Ontario, où elle a commencé à pratiquer ce sport à l’âge de quatre ans seulement. Son père était son entraîneur et elle a baigné dans le basketball pendant des années, non seulement quand elle allait aux entraînements de son équipe, mais aussi en passant des heures et des heures dans des gymnases à regarder son frère jouer. C’est alors qu’elle a assimilé toutes les nuances de la dynamique qu’il y a au sein d’une équipe.
Cette base l’a éventuellement amenée à s’installer ailleurs au pays pendant la pandémie de la COVID-19 afin de poursuivre son développement dans une école préparatoire en Nouvelle-Écosse, puis elle est revenue plus près de chez elle. C’est alors que Guelph est vite ressorti du lot.
« Quand j’ai rencontré l’équipe et vu tout ce qui était relié au programme, je suis tout de suite tombée en amour et je tenais absolument à y jouer », a indiqué Jhaj.
Alors qu’il lui reste maintenant une dernière saison à disputer, Jhaj affirme que c’est surtout tout ce qui entoure le programme des Gryphons qui lui a permis d’évoluer – un environnement qui s’étend bien au-delà du basketball.
« Ce que j’aime vraiment à Guelph, ce sont les gens de l’administration. Ce sont vraiment nos plus grands partisans, ils veulent vraiment notre bien en tant qu’athlètes et aussi en tant que personnes, en tant qu’étudiantes », a-t-elle souligné.
Cette culture de soutien s’est particulièrement manifestée pendant le mois du programme « She’s Got Game » en février. Selon Jhaj, c’est là une initiative qui a eu une incidence durable sur l’expérience qu’elle a vécue en tant qu’étudiante-athlète.
D’abord lancée en 2017, cette campagne visait à réduire l’écart en termes de financement entre le sport masculin et le sport féminin dans les rangs universitaires. Les organisateurs cherchaient à recueillir 2,5 millions $, un objectif qui a été atteint en 2024, a indiqué Jhaj.
« Ils ont réalisé que pour chaque montant de 17 $ qui était recueilli pour l’équipe masculine, seulement 1 $ allait à l’équipe féminine », a-t-elle noté.
Cette initiative a permis depuis d’aplanir le terrain de jeu, à l’aide notamment de bourses d’études et de services de soutien.
« Il y a égalité des chances pour les femmes et les hommes dans le sport… Le même soutien pour chacun des athlètes, peu importe leur sexe », indique Jhaj.
Dans son cas, l’effet du programme s’est fait personnellement et concrètement sentir. Elle a été lauréate d’une bourse « She’s Got Game » et elle a aussi activement participé au développement de cette initiative, aidant à organiser des camps d’été où l’on cherche à mieux outiller les jeunes athlètes féminines.
« Le but, c’est vraiment d’inspirer ces jeunes athlètes, de leur enseigner qu’elles peuvent être des meneuses et qu’elles pourront aller loin en faisant entendre leurs voix », dit-elle.
L’importance qu’elle accorde au leadership vient en partie du fait qu’elle a été témoin des difficultés que doivent surmonter les athlètes féminines, tout particulièrement dans le contexte des interactions avec un entraîneur.
« Ce qui m’a vraiment inspirée, je pense, c’est de voir à quel point les entraîneurs peuvent avoir un effet négatif sur les athlètes, surtout dans le sport féminin, explique Jhaj. Je voulais m’assurer d’être une coéquipière qui serait à leurs côtés en toutes circonstances ».
Cette façon de voir les choses a aussi façonné ses ambitions sur le plan académique. Jhaj compte faire carrière en psychologie du sport, en mettant l’accent sur le besoin d’améliorer les expériences que vivent les athlètes ainsi que sur le soutien en matière de santé mentale.
« Un de mes objectifs est de tout simplement faire en sorte que les athlètes aient droit aux meilleurs entraîneurs possibles, dit-elle. J’ai entendu tellement d’histoires d’athlètes féminines qui ont arrêté de jouer en raison d’une mauvaise expérience ».
À long terme, elle prévoit faire de la recherche et se pencher sur le travail d’entraîneur, tout cela dans le but de mettre en place des environnements positifs qui permettent aux athlètes de s’épanouir.
« C’est vraiment important de soutenir ces athlètes-là dans les moments difficiles », souligne-t-elle.
Jhaj affirme que ce sont des initiatives comme « She’s Got Game » qui l’ont aidée à découvrir ce qui est possible à cet égard, autant pour elle que pour la prochaine génération.
« C’est une sensation formidable de savoir que la ville au grand complet a mes intérêts à cœur », déclare-t-elle.
Elle estime que ce genre de soutien est essentiel, compte tenu des barrières auxquelles les femmes ont été confrontées dans le domaine du sport au fil des ans.
« Je pense que de tout temps, on a un peu fermé les portes aux athlètes féminines, a-t-elle noté. De savoir qu’il y a toutes ces initiatives qui travaillent à lutter contre ça, c’est formidable ».
La croissance du basketball féminin au Canada n’a fait que renforcer son optimisme à ce sujet.
« C’est incroyable de voir la croissance qu’on a vue ces 20 dernières années », dit Jhaj, en mentionnant notamment l’arrivée prochaine d’une équipe d’expansion de la WNBA à Toronto.
En repensant à tout ce qu’elle a vécu, notamment à l’élan qui s’est créé durant la campagne de février, Jhaj y va d’un message simple à l’endroit de celles qui suivront ses traces un jour.
« Continuez d’avoir du plaisir, continuez de faire ce que vous aimez faire et ne laissez personne vous priver de cet amour ».
Pour en savoir plus sur l’initiative ou pour faire un don, veuillez consulter www.shesgotgame.ca.
