De ses racines avec U SPORTS aux projecteurs de la LPHF, Troy Ryan a bouclé la boucle à titre d’entraîneur
Le cheminement de Troy Ryan au hockey l’a mené d’une petite ville de la Nouvelle-Écosse jusqu’à l’échelle internationale et, plus récemment, derrière le banc des Sceptres de Toronto de la LPHF. En cours de route, le vétéran entraîneur s’est taillé une carrière ancrée dans la communauté, les occasions et les leçons qu’il a d’abord apprises dans les rangs de U SPORTS.
« J’ai grandi en majeure partie dans une famille monoparentale, alors le sport m’a offert bien plus de possibilités que ne pouvait le faire ma vie de famille », a indiqué Ryan.
« J’ai pu faire la rencontre d’autres familles, j’ai pu voyager un peu. Le hockey a été la voie qui m’a permis d’aller à l’université. Je ne sais pas si j’aurais pu me rendre jusque-là autrement ».
C’est effectivement ce qui l’a mené jusqu’à U SPORTS, d’abord avec l’Université du Nouveau-Brunswick et ensuite avec Saint Mary’s, où il a complété sa carrière de joueur. Chemin faisant, il s’est découvert une passion pour le métier d’entraîneur, dont la source a été le futur pilote de la LNH Mike Johnston, son entraîneur à l’UNB à l’époque.
« Je n’étais pas nécessairement le meilleur des joueurs dans les rangs universitaires, alors j’ai commencé à regarder le hockey d’un œil différent », a fait savoir Ryan.
« Mike m’a fait découvrir plein de nouvelles facettes sur le travail qu’un entraîneur fait, que j’ai commencé à apprécier davantage. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à plonger dans cet univers-là ».
Il a eu sa première chance avec le club de course à pied des étudiantes de l’UNB, alors qu’il a donné un coup de main à l’occasion de quelques séances d’entraînement. Peu après, un ancien adjoint de Saint Mary’s, Darren Burns, lui a offert un poste au sein de son personnel avec l’Université Acadia.
« Il en était à sa première année comme entraîneur et c’était bien de pouvoir un peu rebâtir un programme ensemble », a dit Ryan.
« Acadia et le département des sports dans son ensemble m’ont mis dans les meilleures conditions pour que je puisse réussir en début de carrière ».
À partir de là, le parcours de Ryan lui a permis de toucher à pratiquement tous les niveaux du hockey canadien. Il a dirigé l’équipe masculine de l’Université Saint-Thomas, est retourné dans le hockey junior pour gagner de l’expérience comme entraîneur-chef, puis il a trouvé son erre d’aller à Dalhousie au sein du programme féminin.
« Être entraîneur à Dalhousie pendant (la période d’interruption causée par) la COVID a été vraiment difficile, mais j’adorais ce que je faisais », a-t-il affirmé.
« J’ai tellement tissé des liens formidables avec le personnel et les athlètes. Ç’a été une des décisions les plus difficiles que j’aie jamais eu à prendre de quitter l’université pour me joindre à la LPHF ».
Ce que Ryan a vécu au sein du réseau U SPORTS demeure au cœur de sa philosophie d’entraîneur à l’heure actuelle.
« La connexion avec les athlètes est tellement importante, surtout quand tu intègres quelqu’un à sa première année d’université et que tu l’aides à passer à travers cette phase de transition », a-t-il souligné.
« Ce que j’ai vécu dans ce contexte-là fait en sorte que c’est plus naturel pour moi de tisser des liens dans les rangs professionnels et à l’échelle internationale ».
C’est en plein ce que Ryan a pu faire. Nommé entraîneur-chef de l’équipe canadienne féminine en vue des Jeux olympiques de 2022 à Beijing, il a mené sa formation à la conquête de la médaille d’or. Le moment où il est entré dans le stade à l’occasion de la cérémonie d’ouverture représente encore un vif souvenir.
« J’ai juste entendu ‘Bienvenue au Canada’ dans les haut-parleurs, c’était le genre de moment où il fallait se pincer pour y croire », a-t-il.
« J’ai toujours traité tous mes mandats comme si c’étaient les Jeux olympiques. Être entraîneur à Saint-Thomas, pour moi à l’époque, c’était comme si j’étais dans la LNH. Ça m’a permis de bien me préparer pour le niveau de pression qu’il y aurait une fois arrivé au plus haut niveau ».
L’année d’après, il a franchi une autre étape quand la LPHF a été lancée en 2023. À titre d’entraîneur-chef de l’équipe de Toronto, Ryan est devenu un des principaux visages de la croissance du hockey professionnel féminin.
« Honnêtement, c’est plus gros que toutes les autres choses dont j’ai fait partie, y compris les Jeux olympiques », a-t-il avancé.
« Cette ligue va transformer notre sport à jamais. C’est vraiment spécial d’être aux premières loges pour voir tout ça ».
Ryan a aussi remarqué que l’influence de la LPHF se fait sentir bien au-delà du cercle des joueuses qui aspirent à évoluer dans cette ligue.
« Parfois, il va y avoir une équipe U15 de gars qui assiste à notre entraînement et les garçons nous regardent comme si nous étions une équipe de la LNH », a-t-il fait remarquer.
« Ça montre ce qu’un financement suffisant et le fait de mettre les matchs en vitrine de la bonne façon peuvent faire. Les jeunes athlètes peuvent maintenant se servir du hockey féminin comme modèle et ça, ça change toute la dynamique qu’il y a dans les salles de classe et les communautés ».
Aux yeux de Ryan, le véritable succès, c’est quand on a une influence à long terme auprès des athlètes.
« Je veux que dans 10 ans, elles respectent le travail que j’ai fait et à quel point je les ai aidées à atteindre leurs buts », a-t-il affirmé.
« Si c’est le cas, je pourrai alors vivre avec les décisions que j’ai prises ».
Quant au conseil qu’il donnerait aux jeunes entraîneurs qui voudraient suivre ses traces, Ryan souligne l’importance de la patience et de garder les choses en perspective.
« Il n’y a pas de recette unique quant au parcours à suivre. Mon parcours a été houleux », a-t-il fait remarquer.
« Offre ton temps comme bénévole autant que tu peux, rencontre le plus grand nombre de bonnes personnes possible. Il faut prendre son temps, commettre des erreurs dans des environnements sûrs et être prêt quand la pression arrive ».
