LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: Gerry Sternberg (1965)
LES ENTREVUES DE LA 50E
COUPE VANIER: 1965
Une conversation avec...
Gerry Sternberg, porteur de ballon, Varsity Blues de
l’Université de Toronto
Lors de la toute première Coupe Vanier, le 20 novembre 1965, le porteur de ballon Gerry Sternberg a récolté des gains au sol de 85 verges en 16 courses – un sommet dans le match – en plus d’amasser 51 verges sur des retours de botté, ce qui lui a valu de devenir le premier récipiendaire du trophée Ted Morris remis au joueur par excellence de la partie. Dans des conditions climatiques difficiles au Stade Varsity, l’équipe locale, les Varsity Blues, a surmonté un déficit de 7-1 à la mi-temps pour vaincre les Golden Bears de l’Alberta par 14-7.
Quel est votre principal souvenir de la semaine de la Coupe Vanier et de votre expérience en général?
Il n’y avait pas autant de festivités dans les jours précédant le match, comme c’est le cas de nos jours. En fait, le plus gros événement pour nous fut notre victoire à la Coupe Yates la semaine précédente. Personnellement, c’était la première fois que je remportais ce match et la première fois que je participais à une victoire contre Western, sur leur terrain de surcroît. Alors c’est surtout cette victoire qui fut marquante pour nous. La partie à l’échelle canadienne était sur invitation en 1965 et le match comme tel s’appelait le « College Bowl » et non la Coupe Vanier, qui était le nom du trophée. Nous avions été invités à y participer et à affronter les champions de l’Ouest, les Golden Bears de l’Alberta.
Quel est votre principal souvenir du match comme tel?
Que c’était une journée exécrable. Il pleuvait, le terrain était boueux et il n’y avait pas beaucoup de partisans dans les gradins. Nous sommes parvenus à l’emporter dans ces conditions. Nous aurions aimé jouer dans de meilleures conditions afin de pouvoir vraiment juger de la performance de l’équipe, mais nous avons tout de même gagné, ce qui fut très satisfaisant pour nous.
Quel fut le jeu clé du match selon vous?
Notre entraîneur avait concocté un jeu pendant les entraînements. Notre quart-arrière, Bryce Taylor, m’as remis le ballon et j’ai couru avant de le remettre à Jim Ware, qui l’a retourné à Taylor, qui l’a finalement lancé à Mike Eben dans la zone des buts pour le touché de la victoire. C’était vraiment quelque chose.
Personnellement, quel fut votre plus gros jeu ou votre plus importante contribution dans le match?
Je n’avais vraiment pas connu mon meilleur match. J’ai été choisi joueur de la rencontre parce que j’ai été en mesure de gagner environ 80 verges au sol dans ces conditions, ce qui nous a constamment procuré une position avantageuse sur le terrain et a contribué à notre victoire. Mon meilleur moment est en fait survenu lors de la Coupe Yates. Nous affrontions Western sur leur terrain et nous tirions de l’arrière. Je ne connaissais pas un bon match car à chaque fois que je touchais au ballon, il y avait quelques joueurs de Western prêts à me sauter dessus. Dans la dernière minute de jeu, j’ai capté une passe de Bryce Taylor et j’ai réussi à filer sur 40 ou 50 verges pour inscrire le touché de la victoire, ce qui a compensé pour le mauvais match que je connaissais jusque-là. Ce jeu fut le fait saillant de ma carrière. Une courte passe vers les lignes de côté avec plein de joueurs autour de moi, mais je suis parvenu à leur échapper et à marquer le touché.
Les entraîneurs ont-ils changé quoi que ce soit dans la routine habituelle en préparation pour le match?
Rien de particulier, mis à part bien sûr le fait d’avoir ajouté le jeu spécial auquel je faisais référence et de l’avoir pratiqué avant la partie.
Comment avez-vous réagi - personnellement ou en tant que groupe - au stade, à la foule, aux conditions climatiques?
Les conditions climatiques n’ont évidemment pas aidé. Nous étions habitués à des foules beaucoup plus nombreuses, mais pour cette rencontre, surtout en raison des mauvaises conditions, il n’y avait que quelques milliers de spectateurs dans les gradins. Quand vous regardez dans les gradins vous espérez obtenir beaucoup de soutien, et malheureusement ce n’était pas le cas cette journée-là.
Quels sont vos souvenirs des célébrations d’après-match sur le terrain et/ou dans le vestiaire?
Je ne me souviens pas de champagne, ou ce genre de choses, mais simplement de l’euphorie sur le terrain après la victoire et ensuite dans le vestiaire, où tout le monde s’enlaçait.
Quelle fut la réaction sur le campus à votre retour?
C’était plutôt la routine habituelle, à l’exception d’un article dans le journal étudiant, The Varsity, qui décrivait notre victoire. Il n’y a pas vraiment eu de célébration. Au banquet sportif de fin d’année, quelques mois plus tard, le gouverneur général Georges Vanier nous a remis la Coupe Vanier.
À l’époque, comme cette victoire à la Coupe Vanier a-t-elle changé votre quotidien?
Personnellement, le fait d’avoir été choisi joueur par excellence fut un bel honneur et je peux affirmer que le succès que j’ai connu lors de la saison 1965, jumelé à notre conquête de la Coupe Vanier, m’a permis de décrocher un contrat avec les Alouettes de Montréal et de jouer dans la LCF pendant sept ans.
À quelle fréquence vous remémorez-vous cette victoire à la Coupe Vanier?
Je dirais qu’à chaque année, lorsque la Coupe Vanier revient dans l’actualité, on se souvient que nous avions été les premiers champions. C’est spécial à chaque année.
À quel point était-il spécial de participer à la toute première Coupe Vanier? Parlait-on beaucoup de l’événement à Toronto? Ce fut spécial de recevoir le trophée des mains du Général Vanier lors du banquet de fin d’année des Varsity Blues?
C’était simplement un autre match dans le cadre d’une bonne saison, pas une excellente saison. Nous avions conservé un dossier de 3-3 lors du calendrier régulier, alors ce sont vraiment nos victoires à la Coupe Yates et la Coupe Vanier qui en ont fait une saison plus mémorable. Ce triomphe est une fierté pour nous et pour notre université, qui possède une longue tradition gagnante.
