LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: Dale Schulha, Alberta (1972)
Lors de la septième Coupe Vanier, les Golden Bears de l’Alberta ont défait les Golden Hawks de Waterloo Lutheran 20-7 au Stade Varsity de Toronto, décrochant du coup le deuxième titre canadien de l’histoire du programme et vengeant un revers crève-cœur de 15-14 aux mains de Western Ontario lors de la finale de 1971. L’un des jeux marquants du match de 1972 est survenu tard au troisième quart, alors que l’Alberta s’accrochait à une avance de 12-0. Jouant en dépit d’une fracture au poignet, le capitaine Dale Schulha a alors lancé une passe de touché de 20 verges à Gary Weisbrot sur une feinte de placement pour permettre aux Bears de respirer plus confortablement.
LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: 1972
Une conversation avec...
Dale Schulha, demi défensif, Golden Bears de l’Université de l’Alberta
Lors de la septième Coupe Vanier, les Golden Bears de l’Alberta ont défait les Golden Hawks de Waterloo Lutheran 20-7 au Stade Varsity de Toronto, décrochant du coup le deuxième titre canadien de l’histoire du programme et vengeant un revers crève-cœur de 15-14 aux mains de Western Ontario lors de la finale de 1971. L’un des jeux marquants du match de 1972 est survenu tard au troisième quart, alors que l’Alberta s’accrochait à une avance de 12-0. Jouant en dépit d’une fracture au poignet, le capitaine Dale Schulha a alors lancé une passe de touché de 20 verges à Gary Weisbrot sur une feinte de placement pour permettre aux Bears de respirer plus confortablement.
Quel est votre principal souvenir de la semaine de la Coupe Vanier et de votre expérience en général?
L’incroyable sensation de soulagement ressentie une fois le match terminé. Nous avions participé à la rencontre en 1971 et avions perdu par un point contre Western Ontario. Les vétérans qui faisaient partie de l’équipe en 1971 se sont promis avant la saison 1972 que nous retournerions à la Coupe Vanier et que nous allions cette fois l’emporter – et nous l’avons fait! Ce fut une sensation de soulagement extraordinaire.
Il y a également un moment unique dont je vais toujours me souvenir à propos de 1972. Lorsque nous avons mis les pieds dans notre vestiaire du Stade Varsity pour la première fois, tous nos chandails étaient accrochés et nos noms étaient inscrits dans le dos. WOW! Nous n’avions jamais eu nos noms au dos de nos chandails – nous nous sentions comme des pros. Notre directeur des sports, Chuck Moser, avait organisé cette surprise pour nous et ce fut le début d’une journée mémorable au Stade Varsity! Encore aujourd’hui, je rappelle à Chuck ce moment très spécial.
Quel est votre principal souvenir du match comme tel?
Mon principal souvenir du match est la passe de touchée que j’ai lancée sur une feinte de placement tard au troisième quart – de nombreuses personnes croient que ce fut le jeu clé du match.
Il avait beaucoup plu à Toronto dans la semaine précédant le match et le personnel du Stade Varsity avait décidé d’étendre du sable entre les traits hachurés sur toute la longueur du terrain. Notre botteur, Jack Schwartzberg, avait de la difficulté à bien planter son pied et, en tant que joueur en charge de tenir le ballon, j’avais remarqué que Waterloo Lutheran mettait beaucoup de pression pour essayer de bloquer nos bottés, ce qui rendait leur couverture vulnérable. Alors que nous nous amenions sur le terrain pour cette tentative de placement, j’ai dit à Gary Weisbrot – un de nos receveurs – « Tiens-toi prêt! Cours sur 10 verges et coupe vers l’extérieur, je vais peut-être te lancer le ballon. » Gary m’a dit « Quoi? » et je lui ai répondu « Sois prêt, c’est tout!!! » Lorsque j’ai reçu la remise de notre centre, Jim Lazaruk, j’ai bien vu que Waterloo Lutheran fonçait et tentait le bloc à tout prix, alors j’ai déposé le ballon et, tout juste avant que Jack ne fasse contact, je l’ai retiré, me suis retourné sur moi-même et ai couru vers les lignes de côté pour éviter les joueurs adverses. Gary était complètement libre, je lui ai lancé le ballon et il a facilement couru jusque dans la zone des buts. Je me souviens d’avoir sauté dans les bras de Jack Schwartzberg et nous nous sommes mis à hurler de joie. Quand je suis revenu à notre banc après la transformation, nos joueurs étaient survoltés et j’ai répondu à quelques questions des médias. Une fois les entrevues terminées, notre entraîneur-chef, Jim Donlevy, s’est approché de moi et m’a dit « Bon choix de jeu et belle exécution. Je suis content pour toi que ça ait fonctionné, parce que c’est une LONGUE marche vers Edmonton. » À ce jour, Jim et moi en rions encore.
J’en étais à ma cinquième année et c’était mon dernier match, ce fut donc une façon incroyable de compléter ma carrière avec les Golden Bears – un demi défensif qui lance une passe de touché pour aider son équipe à gagner la Coupe Vanier. Que demander de plus!
Les entraîneurs ont-ils changé quoi que ce soit dans la routine habituelle en préparation pour le match?
Tous nos entraîneurs nous avaient préparés à merveille. Waterloo Lutheran avait une attaque de type « wishbone » très productive. Nous n’avions jamais joué contre une telle offensive alors nos entraîneurs en défensive avaient concocté un système spécial « 4-4 wishbone » et nous avions seulement trois jour pour le pratiquer. Notre défensive a exécuté ce nouveau système à la perfection et Waterloo Lutheran a dû s’éloigner de son plan de match en deuxième demie.
(Note: Waterloo Lutheran n’a complété que de 2 de ses 11 passes pour des gains de 18 verges; les 2 passes complétées représentent le plus faible total dans l’histoire de la Coupe Vanier, à égalité, alors que les 18 verges par la passe viennent au deuxième rang)
Comment avez-vous réagi - personnellement ou en tant que groupe - au stade et à la foule?
Le match a été disputé devant plus de 10 000 spectateurs, qui encourageaient presque tous Waterloo Lutheran. Cependant, nous n’avons pas été intimidés puisque nous avions fait face à un défi similaire l’année précédente, alors que nous avions également affronté une équipe ontarienne en finale de la Coupe Vanier à Toronto, soit Western Ontario.
Quels sont vos souvenirs des célébrations d’après-match sur le terrain et/ou dans le vestiaire?
Je me souviens d’avoir bu du champagne directement de la Coupe Vanier avec mes coéquipiers dans le vestiaire et d’avoir chanté dans l’autobus pendant le retour vers l’hôtel.
Quels sont vos souvenirs du voyage de retour?
La Coupe Vanier se trouvait sur le banc à côté de moi sur l’avion. En tant que capitaine et vétéran de cinquième année, j’avais eu l’honneur et le privilège de transporter la Coupe Vanier à notre descente de l’avion et lors de l’entrée dans l’aéroport, là où nous attendaient de nombreux parents, amis et partisans. J’étais TELLEMENT fier d’être champion de la Coupe Vanier!
Quelle fut la réaction sur le campus à votre retour?
Il y a eu un grand rassemblement sur le campus le lendemain de notre retour. Il y avait des bannières partout sur le campus et nous avons été très populaires à l’université pendant plusieurs semaines suite à notre retour.
À l’époque, comme cette victoire à la Coupe Vanier a-t-elle changé votre quotidien?
Ma vie a changé immédiatement après notre victoire. Nous nous étions fixés comme objectif à l’aube de la saison de remporter la Coupe Vanier et, pendant toute la saison, nous nous sommes dédiés corps et âme à cet objectif. C’est quelque chose que je n’ai jamais oublié et qui m’a servi pour le reste de ma vie. Gagner la Coupe Vanier a été un processus de cinq ans dans mon parcours d’étudiant athlète, un processus qui m’a permis de développer des outils qui me servent à tous les jours dans ma vie personnelle ou professionnelle : travail d’équipe, dévouement, gestion du temps, leadership, respect d’autrui, etc.
À quelle fréquence vous remémorez-vous cette victoire à la Coupe Vanier?
Très régulièrement. Ce fut tellement un événement important dans ma vie. Mes amis me rappellent souvent ce jeu truqué. Comme j’ai connu par la suite une carrière de 35 ans dans le milieu du sport universitaire, j’ai côtoyé de nombreuses équipes championnes et j’ai donc eu l’occasion de me souvenir presque sur une base quotidienne de ce que ça prend pour être champion et de la signification de remporter un championnat.
Dale Schulha en bref (courtoisie du Service des sports de l’Université de l’Alberta):
Dale Schulha a été impliqué dans le sport interuniversitaire canadien pendant près de 40 ans, dont 25 ans au sein de la Faculté d’éducation physique et des loisirs de l’Université de l’Alberta et avec le programme des Golden Bears et Pandas. Il a quitté ses fonctions en tant que directeur des sports – position qu’il occupait pour une deuxième fois - en août 2010.
Tout a commencé pour Schulha lorsqu’il a lui-même évolué pendant cinq ans avec l’équipe de football des Golden Bears (1968-1972) , agissant pendant deux saisons comme capitaine et aidant les siens à participer à la Coupe Vanier à deux reprises (1971, 1972). Lors de la conquête du titre canadien en 1972, il avait lancé une passe de touché sur une feinte de botté de placement alors qu’il jouait en dépit d’une fracture au poignet.
Schulha , qui est titulaire d’une maîtrise en science, a détenu de nombreux postes à l’U de A, dont deux mandats comme directeur des sports (1989-1993 et 2005-2010), directeur du marketing et des relations publiques (1985-1989), directeur par intérim du développement (1994-1995) et directeur adjoint du développement de (2004-05). Il a vu deux de ses fils, Ryan et Aaron, porter les couleurs des Golden Bears en football et en volleyball, respectivement.
Nommé président du Département des sports de 1989 à 1993, Schulha a agi comme directeur du développement et des relations avec les diplômés de la Faculté d’éducation physique et des loisirs de juillet 1995 à juin 2003 et a obtenu un don de 2,0 millions $ d’Eldon Foote pour compléter le stade Foote Field, lançant du coup le développement de l’agrandissement du campus Sud de l’université.
Schulha a également agi comme principale personne ressource de l’université lors des championnats du monde d’athlétisme de 2001 à Edmonton et a participé à d’autres événements internationaux, y compris trois jeux mondiaux universitaires de la FISU à l’hiver 1991 (Japon), à l’hiver 1987 (Tchécoslovaquie) et l’été 1983 (Edmonton).
En juillet 2003, il est devenu vice-président associé à l’Université de Lethbridge, mais est retourné à l’Université de l’Alberta en février 2004 quand il a été nommé directeur adjoint du développement du Bureau des relations extérieures. Il a ensuite commencé son deuxième mandat comme directeur des sports en mai 2005.
Schulha a joué un rôle de leader au sein de la conférence Canada-Ouest et de SIC en occupant plusieurs postes de direction, notamment à titre de membre du conseil d’administration de SIC (1990-1992), membre du conseil consultatif des programmes internationaux de SIC (1998 -1999) et membre du conseil d’administration de Canada-Ouest (2006-2009). Plus tôt cette année, le 11 juin, SIC lui a remis le prix Austin-Matthews, présenté annuellement à un individu dont la contribution au développement du sport universitaire canadien.
