LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: Bill Robinson, Saint Mary’s (1973)
Lors de la neuvième Coupe Vanier, qui se voulait la première de trois finales du football de l’USIC consécutives disputées au Stade CNE à Toronto, les Huskies de Saint Mary’s ont remporté le premier titre canadien de leur histoire grâce à une victoire de 14-6 face aux Redmen de McGill. Dans des conditions climatiques difficiles, le jeu défensif avait été à l’honneur et les deux équipes n’avaient amassé que 346 verges d’attaque au total, les gagnants terminant la partie avec un mince avantage de 175 à 171. Bill Robinson était le quart-arrière des Huskies pour l’occasion.
LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: 1973
Une conversation avec...
Bill Robinson, quart-arrière, Huskies de l’Université Saint Mary’s
Lors de la neuvième Coupe Vanier, qui se voulait la première de trois finales du football de l’USIC consécutives disputées au Stade CNE à Toronto, les Huskies de Saint Mary’s ont remporté le premier titre canadien de leur histoire grâce à une victoire de 14-6 face aux Redmen de McGill. Dans des conditions climatiques difficiles, le jeu défensif avait été à l’honneur et les deux équipes n’avaient amassé que 346 verges d’attaque au total, les gagnants terminant la partie avec un mince avantage de 175 à 171. Bill Robinson était le quart-arrière des Huskies pour l’occasion.
Quel est votre principal souvenir de la semaine de la Coupe Vanier et de votre expérience en général?
Mon principal souvenir est le fait que nous représentions notre conférence, l’ASUA, et avions gagné tellement de respect en remportant le titre canadien. L’année précédente, nous avions perdu 50-17 contre Waterloo Lutheran en demi-finale nationale. Alors le fait de battre le même adversaire en demi-finale en 1973 et ensuite McGill à la Coupe Vanier a procuré beaucoup de crédibilité à notre conférence.
(Note : Waterloo Lutheran avait été rebaptisée Université Wilfrid Laurier au moment de la demi-finale de 1973)
Quel est votre principal souvenir du match comme tel?
Outre le fait de vaincre l’excellente équipe de McGill, ce dont je me souviens le plus est d’avoir joué dans des conditions qui s’apparentaient à un ouragan et, malgré la pluie torrentielle, que nous avions limité au minimum les revirements.
Quel fut le jeu clé du match selon vous?
Lors de la deuxième demie, notre receveur et botteur vedette Ken Clark avait réussi un dégagement de 80 verges avec un ballon détrempé, ce qui avait complètement changé la position sur le terrain et, par le fait même, a grandement contribué à notre victoire.
(Note : Clark a conservé une moyenne de 40,5 verges par dégagement lors du match comparativement à 30,5 verges pour son rival de McGill; il a été nommé joueur par excellence de la Coupe Vanier 1973 et a ensuite participé au Super Bowl de 1980 avec les Rams de LA)
Est-il survenu quelque chose d’inhabituel ou hors de l’ordinaire pendant le match ou pendant la semaine?
L’USIC n’avait fourni que trois ballons pour le match (J5-V) et ils étaient si pesants à partir du deuxième quart qu’il était impossible de les lancer sur plus de 10 verges.
Les entraîneurs ont-ils changé quoi que ce soit dans la routine habituelle en préparation pour le match?
Comme on prévoyait un temps exécrable pour la journée du match, nous avions décidé d’utiliser la même cadence lors de chaque jeu afin de limiter les punitions et les échappés. Cela a bien fonctionné.
Comment avez-vous réagi - personnellement ou en tant que groupe - au stade et à la foule?
En raison du mauvais temps, le nombre de spectateurs qui s’étaient rendus au stade était très modeste comparativement à la foule record devant laquelle nous allions jouer l’année suivante contre Toronto, alors que je portais les couleurs de Western. Notre équipe était très disciplinée, limitait les punitions, et notre but était de jouer du football propre et sans erreur dans ces conditions difficiles. Malheureusement, nous avions une offensive par la passe très explosive que nous n’avons pas pu utiliser ce jour-là.
(Note: Au total, les deux équipes ont couru 83 fois avec le ballon durant le match et n’ont tenté que 22 passes)
Quels sont vos souvenirs des célébrations d’après-match sur le terrain et/ou dans le vestiaire?
Ça s’est passé dans les vestiaires non chauffés et dans les douches. De nombreux partisans de Halifax qui avaient assisté au match ont rejoint l’équipe dans les douches. Tout le monde portait soit leurs vêtements ou leur uniforme et nous voulions simplement nous réchauffer après une journée si froide.
Quelle fut la réaction sur le campus à votre retour?
La réaction sur le campus et à Halifax fut incroyable. La province et le premier ministre ont organisé une réception spéciale du gouvernement et il y a eu un important rassemblement sur le campus. La couverture médiatique avait été fantastique.
À l’époque, comme cette victoire à la Coupe Vanier a-t-elle changé votre quotidien?
Ça m’a pris quelques années pour pleinement savourer notre triomphe. Nous avions mis quatre ans pour nous rendre à ce match et nous l’avons emporté malgré les critiques et les nombreuses personnes qui ne croyaient pas en notre conférence. Le fait de gagner une deuxième Coupe Vanier de suite l’année suivante avec Western m’a définitivement placé dans une situation unique et, encore aujourd’hui, ça alimente les conversations. Ce qui est génial avec les sports d’équipe est qu’on tisse des liens avec nos coéquipiers qui vont durer pour toujours.
Le triomphe de 1973 remonte maintenant à 41 ans. Cette victoire à la Coupe Vanier demeure-t-elle un de vos plus beaux souvenirs comme étudiant athlète?
La victoire de 1973 est définitivement l’un de mes plus beaux souvenirs car c’était mon premier championnat canadien. Chaque championnat a son histoire et les Huskies de 1973 se sont rendus à la Coupe Vanier étape par étape, ce qui a rendu la victoire finale encore plus satisfaisante. Il y a tellement de gens à Halifax qui se souviennent de cette année-là et de ce premier championnat canadien. Et on dirait que les souvenirs deviennent meilleurs avec chaque année qui passe.
Dans quel programme avez-vous étudié à Saint Mary’s et dans quel domaine avez-vous travaillé suite à votre graduation?
J’ai obtenu un baccalauréat en commerce de Saint Mary’s, avec une majeure en marketing. Alors que j’évoluais avec Ottawa dans la LCF, j’ai eu la chance de travailler comme directeur exécutif de l’Association canadienne du football amateur de 1976 à 1983. En 1983, j’ai accepté le poste de directeur exécutif du Temple de la renommée du sport de la Nouvelle-Écosse, qui venait de voir le jour à Halifax. Mon titre a depuis été changé pour celui de directeur général et, 31 ans plus tard, j’ai toujours la chance de travailler avec des gens passionnés qui aiment le sport et apprécient ce que nos héros sportifs représentent pour la jeunesse de la Nouvelle-Écosse.
