50TH VANIER CUP INTERVIEW SERIES: Jamie Bone, Western (1977)
Lors de la 13e Coupe Vanier, les Mustangs de Western Ontario sont devenus le deuxième programme seulement à remporter une deuxième Coupe Vanier de suite grâce à une convaincante victoire de 48-15 sur les Axemen d’Acadia au Stade Varsity à Toronto. Western avait également défait Acadia, par 29-13, lors de la finale de 1976. Le quart-arrière Jamie Bone, qui était également aux commandes en 1976, avait été presque parfait lors du deuxième triomphe consécutif des Mustangs, lui qui avait complété 80% de ses passes (16 en 20) pour des gains de 253 verges, aucune interception et quatre touchés, un record de la Coupe Vanier qu’il partage toujours à ce jour.
LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: 1977
Une conversation avec...
Jamie Bone, quart-arrière, Mustangs de l’Université Western Ontario
Lors de la 13e Coupe Vanier, les Mustangs de Western Ontario sont devenus le deuxième programme seulement à remporter une deuxième Coupe Vanier de suite grâce à une convaincante victoire de 48-15 sur les Axemen d’Acadia au Stade Varsity à Toronto. Western avait également défait Acadia, par 29-13, lors de la finale de 1976. Le quart-arrière Jamie Bone, qui était également aux commandes en 1976, avait été presque parfait lors du deuxième triomphe consécutif des Mustangs, lui qui avait complété 80% de ses passes (16 en 20) pour des gains de 253 verges, aucune interception et quatre touchés, un record de la Coupe Vanier qu’il partage toujours à ce jour.
Quel est votre principal souvenir de la semaine de la Coupe Vanier et de votre expérience en général en 1977?
Nous participions à la Coupe Vanier pour une deuxième année de suite, chaque fois contre Acadia, alors notre équipe était familière avec la routine de la semaine. La Coupe Vanier avait été très bien organisée. C’était génial de demeurer à l’Hôtel Toronto – aujourd’hui Hilton Toronto – et de prendre part à tous ces soupers, lunchs et rencontres de presse. La Coupe Vanier était un gros événement à Toronto, de nombreux politiciens et hommes d’affaires étaient impliqués dans le match, alors on se sentait très spéciaux.
Quel est votre principal souvenir du match comme tel?
Le fait que nous avions remporté deux Coupes Vanier consécutives contre la même équipe, un exploit unique dans l’histoire du match, et le fait que ce fut contre Acadia. Ma famille avait plusieurs liens avec Acadia puisque mon grand-père, mon père et ma sœur avaient tous fréquenté le campus de Wolfville, et de mon côté je connaissais plusieurs de leurs joueurs car j’avais évolué pendant une saison avec Acadia avant de transférer à Western. Je suis certain que mon père s’est fait taquiné par plusieurs de ses amis d’Acadia à l’époque parce que son fils était le quart-arrière de Western.
Quel fut le jeu clé du match selon vous?
La clé du match pour nous fut notre jeu au sol. Bill Rozalowsky, qui a été nommé joueur par excellence de la Coupe Vanier pour une deuxième année d’affilée, avait récolté 177 verges par la course. C’est évident que cette production au sol m’a permis de passer le ballon avec beaucoup plus de facilité.
Toutefois, le jeu du match est survenu au deuxième quart. Nous menions par 10-1 et la rencontre était très serrée. Nous avons appelé un jeu qui envoyait notre ailier espacé Walt Payerl profondément dans la zone adverse. Il s’est habilement défait d’un demi de coin et s’est élevé au-dessus du maraudeur pour capter une passe de touché de 58 verges. Ce jeu a ouvert les valves. Après ce touché, Acadia n’a plus été dans le coup.
(Note: Western a établi trois records de la Coupe Vanier pour le jeu au sol en 1977, soit le plus de verges par un joueur (Rozalowski – 177), ainsi que le plus de verges (301) et de courses (55) par une équipe)
Personnellement, quel fut votre plus gros jeu ou votre plus importante contribution dans le match?
Pas de jeu en particulier, mais plutôt l’ensemble de mon jeu. Dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais pensé compléter 80% de mes passes et lancer quatre passes de touché, ce qui égalait le record établi en 1966 par Terry Dolan de StFX. C’était toute une sensation de savoir que j’avais grandement contribué à la victoire.
Est-il survenu quelque chose d’inhabituel ou hors de l’ordinaire pendant le match ou pendant la semaine?
Je me souviens en effet d’une chose. La veille du match, j’étais assis dans une salle de conférence avec des journalistes de London. On parlait du match et de nos chances de l’emporter. Quelqu’un m’a demandé comment j’entrevoyais la partie. Mes propos étaient enregistrés, mais c’était entendu qu’ils demeureraient confidentiels jusqu’après la partie. Je leur ai dit que le match n’allait pas être serré, que nous allions l’emporter facilement.
Ils étaient incrédules! Nous avions gagné la demi-finale de l’Ontario, la Coupe Yates et la Coupe Forest City par un écart cumulatif de huit points, mais malgré cela je leur disais que nous allions facilement gagner ce match. Mon raisonnement était que nous avions battu Acadia en finale de la Coupe Vanier l’année précédente, par 29-13, et ils présentaient à ce moment une équipe exceptionnelle. Ils avaient perdu plusieurs de leurs meilleurs joueurs en 1977, alors que tous nos principaux éléments étaient de retour, en plus de l’ajout de quelques transfuges de grand talent. Après avoir regardé les films d’Acadia, je ne croyais pas qu’ils possédaient le talent ou l’expérience de l’année précédente du côté défensif.
(Note: En 1977, les Mustangs avaient vaincu Windsor par 14-13 en demi-finale de l’Ontario, Laurier par 22-17 en finale ontarienne de la Coupe Yates et Calgary par 24-22 lors de la demi-finale canadienne, la Coupe Forest City; l’écart de 33 points lors de la Coupe Vanier de 1977 est toujours le deuxième plus élevé de l’histoire du match, derrière la victoire de 47-11 de McGill sur UBC en 1987)
Les entraîneurs ont-ils changé quoi que ce soit dans la routine habituelle en préparation pour le match?
Notre entraîneur-chef Darwin Semotiuk en était à sa quatrième présence à la Coupe Vanier, sa deuxième comme pilote, et il n’avait jamais perdu. Cela nous donnait confiance et je ne me souviens pas qu’il ait fait quoi que ce soit différemment cette semaine-là. Darwin ne croyait pas au couvre-feu, il n’était pas du genre à essayer de contrôler ses joueurs en dehors des heures de pratique normales. Il nous faisait simplement comprendre que nous étions responsables de nos actions et de celles de l’équipe et nous répétait constamment d’utiliser notre bon jugement.
De son côté, Larry Haylor était le coordonnateur offensif et il n’avait pas dérogé de sa routine habituelle de s’assoir avec ses quarts-arrières le vendredi après-midi. Au lieu d’être dans son bureau, ce fut dans sa chambre d’hôtel. À l’époque, les quarts-arrières appelaient leurs propres jeux, alors Larry nous proposait des scénarios hypothétiques et chacun de nous appelait un jeu à tour de rôle.
Comment avez-vous réagi - personnellement ou en tant que groupe - au stade et à la foule?
C’était pratiquement un match local pour nous. Nous avions affronté Toronto tellement souvent au Stade Varsity et nous y avions remporté la Coupe Vanier l’année précédente, alors plusieurs d’entre nous considérions ce stade comme un deuxième domicile. Nos partisans étaient beaucoup plus nombreux que ceux d’Acadia et, en plus, nous étions habitué à jouer devant des foules importantes à London, alors nous avions sans aucun doute l’avantage du terrain.
Quels sont vos souvenirs des célébrations d’après-match sur le terrain et/ou dans le vestiaire?
Deux choses en particulier :
En 1977, plusieurs joueurs d’Acadia s’étaient fait poser des boucles d’oreille. C’était assez nouveau à l’époque et plusieurs d’entre nous trouvions ça un peu étrange de voir des joueurs de football avec des boucles d’oreille. La tradition veut que les champions de la Coupe Vanier reçoivent une bague et je me souviens qu’après notre victoire, quelqu’un a inscrit sur un tableau noir dans notre vestiaire « Pas de boucles d’oreille de la Coupe Vanier cette année pour Acadia! »
L’autre anecdote est également survenue dans le vestiaire après la rencontre. La CBC avait installé une estrade de fortune pour faire des entrevues et Doug Saunders, de CBC Halifax, était en train de me questionner quand mes coéquipiers se sont regroupés à l’avant pour chanter l’hymne à la victoire de Western. Il m’a posé une question et je me souviens d’avoir répondu « Désolé, je dois aller chanter une chanson. » Les téléspectateurs devaient se demander ce qui se passait!
Quels sont vos souvenirs du voyage de retour?
Je ne me souviens vraiment pas du voyage de retour en autobus, mais il y avait eu toute une fête à l’Hôtel Toronto après le match. L’endroit était rempli de partisans de Western et la fête avait duré toute la nuit, ce fut un moment très spécial. C’est peut-être à cause de cette fête que je ne me souviens pas du voyage de retour – je crois que la plupart d’entre nous dormions dans l’autobus!
Quelle fut la réaction sur le campus à votre retour?
Il y avait une grande fierté chez les étudiants et tout le monde nous félicitait. Western jouait toujours devant de grosses foules au Stade JW Little et les étudiants sentaient qu’ils avaient contribué à notre victoire autant que les joueurs. Les semaines suivantes ont été mouvementées car plusieurs restaurants et bars de London ont organisé des soirées spéciales pour fêter notre victoire.
À l’époque, comme cette victoire à la Coupe Vanier a-t-elle changé votre quotidien?
La victoire a tissé encore plus les liens au sein de notre équipe. Nous avions l’habitude de toujours nous demander « Sommes-nous proches parce que nous avons gagné, ou avons-nous gagné parce que nous sommes proches? » Nous croyions tous que la deuxième réponse était la bonne. À ce jour, même si je ne parle pas à un de mes anciens coéquipiers pendant quelques années, quand nous nous revoyons finalement, c’est comme si nous nous étions vus la veille. À l’époque, nous nous étions fixés un objectif, et nous aurions tout sacrifié pour nos coéquipiers.
À propos de Jamie Bone (courtoisie du Service des sports de l’Université Western):
L’un des meilleurs quarts-arrières de l’histoire du football universitaire canadien, Jamie Bone a été élu sur l’équipe d’étoiles de l’USIC et a mérité le trophée Hec Crighton remis au joueur par excellence au pays en 1978. L’année suivante, le double champion de la Coupe Vanier recevait le trophée commémoratif Dr Claude Brown, présenté à l’étudiant athlète masculin qui a apporté la plus importante contribution au programme des Mustangs. Membre du Temple de la renommée des sports de Western (1991) et du Mur des champions du programme de football des Mustangs, il est de retour au sein de l’équipe depuis 2010 comme entraîneur des quarts-arrières.
La tradition de la famille Bone se poursuit aujourd’hui à Western puisque son fils, Stevenson, est quart-arrière avec l’équipe de football, et que sa fille, Robin, est membre de la formation d’athlétisme.
