LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: Rob Ros, UBC (1986)
Lors de la 22e Coupe Vanier, le receveur inséré Rob Ros a capté une passe de touché de quatre verges du quart substitut Eric Putoto alors qu’il ne restait que quatre secondes à écouler pour procurer aux Thunderbirds de UBC une victoire de 25-23 sur les Mustangs de Western Ontario au Stade Varsity à Toronto. Il s’agissait d’un deuxième gain sur Western Ontario à la Coupe Vanier en cinq ans pour les T-Birds, qui avaient également défait les Mustangs par 39-14 en finale canadienne en 1982. Ros, qui disputait son dernier match au niveau universitaire en 1986, était une recrue lors de la première conquête de UBC.
LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: 1986
Une conversation avec...
Rob Ros, receveur, Thunderbirds de l’Université de la Colombie-Britannique
Lors de la 22e Coupe Vanier, le receveur inséré Rob Ros a capté une passe de touché de quatre verges du quart substitut Eric Putoto alors qu’il ne restait que quatre secondes à écouler pour procurer aux Thunderbirds de UBC une victoire de 25-23 sur les Mustangs de Western Ontario au Stade Varsity à Toronto. Il s’agissait d’un deuxième gain sur Western Ontario à la Coupe Vanier en cinq ans pour les T-Birds, qui avaient également défait les Mustangs par 39-14 en finale canadienne en 1982. Ros, qui disputait son dernier match au niveau universitaire en 1986, était une recrue lors de la première conquête de UBC.
Quel est votre principal souvenir de la semaine de la Coupe Vanier et de votre expérience en général?
Ce fut une expérience fantastique puisque nous avons passé deux semaines dans l’est du pays, la plupart du temps sous la neige.
Nous avons passé la première semaine à Lennoxville, une petite ville au Québec, où nous nous sommes préparés pour affronter les Gaiters de Bishop’s en demi-finale canadienne. Nous avions battu Calgary, les champions en titre de la Coupe Vanier, par 49-3 la semaine précédente en finale de notre conférence et nous nous présentions à ce match contre Bishop’s avec beaucoup de confiance. Les Gaiters ont joué du football inspiré, transportés par une bruyante salle comble de plus de 5000 amateurs, et nous en ont donné pour notre argent. Nous tirions de l’arrière à la mi-temps, mais avons remonté la pente, en grande partie grâce à trois touchés de notre porteur de ballon Terry Cochrane. Mais le jeu du match a été l’œuvre de notre ailier défensif Doug Bryson, qui a empêché Bishop’s de compléter une transformation de deux points en fin de rencontre. Nous l’avons emporté de justesse, par 32-30.
Puis, ce fut direction Toronto pour un match revanche face à Western Ontario.
Quel est votre principal souvenir du match comme tel?
Ce fut probablement la plus excitante finale de la Coupe Vanier jusque-là. Nous étions classés premiers et deuxièmes au pays, respectivement, et les deux équipes étaient invaincues. L’ambiance avant et durant la partie était électrique. Nous savions que les Mustangs seraient coriaces car ils comptaient sur le retour de 55 joueurs qui faisaient partie de leur formation l’année précédente, alors qu’ils s’étaient inclinés devant Calgary à la Coupe Vanier. Sur film, ils étaient très impressionnants, en particulier leur porteur de ballon Blake Marshall, récipiendaire du trophée Hec Crighton cette saison-là.
(Note: Seulement quatre des 49 premières Coupes Vanier ont mis aux prises deux équipes jusque-là invaincues, soit StFX vs Waterloo Lutheran en 1966, UBC vs Western Ontario en 1986, Wilfrid Laurier vs Saskatchewan en 2005, puis Laval vs Calgary en 2013)
Quel fut le jeu clé du match selon vous? Et, de votre côté, quel fut votre plus gros jeu ou votre plus importante contribution dans le match?
Nous avons contrôlé la première demie et avons pris une avance de 17-1 à la mi-temps grâce à quelques revirements de Western. Nos deux Jordan étaient en feu. Jordan Leith, notre demi de coin, a réussi une interception et a recouvert un échappé, alors que Jordan Gagner, notre quart-arrière, étais très précis et lançait deux passes de touché avant la pause.
Toutefois, nous savions qu’il était trop tôt pour célébrer. Malgré l’avance, notre exécution n’était pas parfaite et nous avons eu de la chance dans les derniers instants du premier quart quand notre retourneur a clairement échappé le ballon sur un dégagement et que les Mustangs l’ont récupéré pour marquer un touché. Les officiels ont rappelé le jeu et nous ont redonné le ballon. Heureusement pour nous, il n’y avait pas de reprise vidéo en 1986.
La deuxième demie a été une toute autre histoire. Nous avons commis un revirement tôt au troisième quart et Western a marqué des touchés sur trois séries offensives consécutives pour prendre une avance de 23-18 tôt au quatrième quart. Les Mustangs avaient le vent dans les voiles et nous avaient vraiment dans les câbles.
Dans un match déjà bien garni en gros jeux, le jeu clé est survenu alors qu’il restait quatre secondes au cadran. Tirant de l’arrière par 23-18 et avec le ballon à la ligne de quatre de Western, notre quart-arrière substitut Eric Putoto, qui s’était amené dans le match quelques minutes plus tôt, m’a rejoint dans la zone des buts avec une passe précise. Quelle sensation! Notre entraîneur-chef, Frank Smith, mérite beaucoup de crédit pour avoir appelé ce jeu. C’est un jeu que nous avions pratiqué, mais n’avions jamais utilisé en situation de match jusque-là.
Que ressentiez-vous au moment d’amorcer cette dernière série offensive?
Notre défensive nous avait donné une dernière chance en arrêtant Western sur deux jeux de course et en les forçant à dégager. Une punition pour ne pas avoir respecté l’immunité nous a permis d’entamer notre série à l’attaque à notre ligne de 45 verges, avec 1 :10 à écouler. Il n’y avait pas de panique dans le caucus, nous savions que nous disposions de suffisamment de temps.
Eric a lancé une courte passe à notre porteur Terry Cochrane pour un premier jeu. L’ailier espacé Mike Bellefontaine a suivi avec un attrapé difficile dans le trafic, puis Tom Munro a capté une passe le long de la ligne de côté pour arrêter le chrono. Soudainement, nous nous retrouvions à la ligne de 15 de Western. Eric a alors conservé le ballon et a gagné un premier jeu à la ligne de quatre mais, sur le jeu suivant, sa passe dans la zone des buts était juste un peu trop longue pour Mike. La table était cependant mise pour le touché de la victoire.
Ce dont je me souviens le plus à propos de cette poussée décisive est le nombre de joueurs qui y ont contribué directement. Notre ligne offensive, menée par le plaqueur étoile Leo Groenewegen, a fait un boulot exceptionnel.
Est-il survenu quelque chose d’inhabituel ou hors de l’ordinaire pendant le match ou pendant la semaine?
Alors qu’il restait environ trois minutes à faire au match et que nous tirions de l’arrière par cinq points, nous avons relevé la tête dans le caucus et avons réalisé qu’un nouveau quart-arrière appelait les jeux. L’uniforme d’Eric Putoto était d’un blanc impeccable, sans aucune tache de boue, et à 6 pieds 5, il était facilement reconnaissable. Plusieurs d’entre nous avons alors cru que Jordan avait été blessé. Mais nous avons vite compris que Coach Smith avait plutôt décidé d’apporter un changement dans l’espoir de fouetter les troupes. Jordan n’avait pas mal joué du tout jusque-là, mais nous ne l’avions pas aidé en échappant quelques passes et en écopant de quelques punitions qui avaient mis fin à des séries à l’attaque. Eric mérite beaucoup de crédit pour être embarqué à froid et avoir livré la marchandise.
(Note: Gagner, qui devait remporter le trophée Hec Crighton la saison suivante, a complété 17 de ses 29 passes pour des gains de 254 verges, deux touchés et trois interceptions dans le match de la Coupe Vanier 1986. Putoto a touché la cible quatre fois en neuf tentatives pour 51 verges et le majeur décisif dans les dernières minutes de la partie, ce qui fut suffisant pour lui valoir le titre de joueur par excellence de la rencontre)
Comment avez-vous réagi - personnellement ou en tant que groupe - au stade, à la foule, aux conditions climatiques?
Il y avait près de 20 000 amateurs au match et nous savions que la rencontre était présentée en direct à la télévision et que nos partisans pourraient être témoins de nos exploits à partir de Vancouver. Le Stade Varsity était un de ces vétustes stades classiques, avec des vestiaires étroits, un terrain boueux en raison de la neige fondante et, en plus, la plupart des spectateurs soutenaient Western. C’était génial!
Quels sont vos souvenirs des célébrations d’après-match sur le terrain et/ou dans le vestiaire?
Avant le match, on pouvait entendre voler une mouche dans le vestiaire. Nous étions concentrés à 100%. Pour certains joueurs, comme Jack Beetstra, Dwayne Derban et moi, ça nous rappelait 1982. Malheureusement pour Jack, il avait subi une blessure au cou quelques semaines plus tôt et n’avait pu prendre part au match.
Puis, après que nos capitaines Leo, Terry, Dwayne et Jack eurent accepté la Coupe Vanier au nom de l’équipe, nous nous sommes retrouvés à nouveau dans notre étroit vestiaire. Quel contraste avec l’ambiance d’avant-match!
Quels sont vos souvenirs du voyage de retour?
Je me souviens encore de la réception à laquelle nous avons eu droit à notre arrivée à l’aéroport de Vancouver. Le soutien et les encouragements de nos familles et amis et de la communauté de UBC avaient été incroyables.
À l’époque, comment cette victoire à la Coupe Vanier a-t-elle changé votre quotidien?
Cette victoire à la Coupe Vanier fut un moment de grande fierté à UBC. Par contre, malgré les joies de la victoire, il a fallu nous remettre dans nos études, alors la vie a repris son cours normal assez rapidement.
À quelle fréquence vous remémorez-vous ces victoires à la Coupe Vanier?
Je me considère très chanceux d’avoir fait partie de deux équipes championnes. J’ai de très bons souvenirs de 1986 et à chaque fois que je retrouve des coéquipiers ou des entraîneurs, c’est vraiment plaisant.
J’étais très heureux de voir les Thunderbirds gagner une autre Coupe Vanier en 1997. J’espère que de nombreux athlètes de UBC auront la chance de vivre cette expérience unique dans le futur.
Dans quel programme avez-vous étudié à UBC et dans quel domaine avez-vous travaillé par la suite?
J’ai étudié en éducation physique et ai également obtenu un certificat en enseignement. J’ai enseigné à l’école secondaire St-Thomas D’Aquin à Vancouver-Nord de 1988 à 2000. Depuis, j’enseigne à l’école secondaire de Vancouver-Ouest.
