LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: Floyd Salazar, McGill (1987)
Lors de la 23e Coupe Vanier, au Stade Varsity à Toronto, les Redmen de McGill ont surpris les Thunderbirds de UBC, largement favoris et champions nationaux en titre, par la marque de 47-11 pour remporter le seul titre canadien de leur histoire. Floyd Salazar, un demi de coin reconnu pour son jeu physique originaire de Mississauga, Ont., avait été nommé meilleur joueur défensif de la rencontre après que les Redmen eurent complètement emboîté UBC et son quart-arrière vedette Jordan Gagner, récipiendaire du trophée Hec Crighton. L’écart de 36 points représente un record de la Coupe Vanier.
LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: 1987
Une conversation avec...
Floyd Salazar, demi de coin, Redmen de l’Université McGill
Lors de la 23e Coupe Vanier, au Stade Varsity à Toronto, les Redmen de McGill ont surpris les Thunderbirds de UBC, largement favoris et champions nationaux en titre, par la marque de 47-11 pour remporter le seul titre canadien de leur histoire. Floyd Salazar, un demi de coin reconnu pour son jeu physique originaire de Mississauga, Ont., avait été nommé meilleur joueur défensif de la rencontre après que les Redmen eurent complètement emboîté UBC et son quart-arrière vedette Jordan Gagner, récipiendaire du trophée Hec Crighton. L’écart de 36 points représente un record de la Coupe Vanier.
Quel est votre principal souvenir du match de la Coupe Vanier?
Je me souviens du niveau de concentration de mes coéquipiers malgré le froid. Je crois qu’il faisait - 17 Celsius à l’heure du match. Nous avions tellement hâte de sauter sur le terrain que ça ne faisait aucune différence pour nous. Notre attaque a épuisé la défensive de UBC grâce à des courses en puissance de Michael Soles et Gerry Ifill. Nos coordonnateurs offensif et défensif, Pat Sheahan et Larry Ring, ont semblé appeler les bons jeux tout au long du match. Nous avons dominé UBC dans toutes les facettes du jeu et le froid n’a jamais été un facteur pour nous.
(Note: Les Redmen ont couru avec le ballon lors de 86% de leurs jeux à l’attaque (48 en 56) et ont terminé le match avec 344 verges au sol, comparativement à 120 pour UBC. Soles a été nommé joueur par excellence de la partie grâce à ses 203 verges et deux touchés en 25 portées, alors qu’Ifill amassait 64 verges et deux majeurs en 11 courses, en plus de capter une passe de touché de 27 verges)
Quel fut le jeu clé du match selon vous?
Suite à notre deuxième touché, au deuxième quart, nous avons effectué le botté de reprise. Nous faisions face au côté sud du terrain et nous connaissions leur tendance sur les retours de botté. Nous avons botté directement vers leur retourneur le plus dangereux. C’était voulu, car notre tactique était d’attirer ce joueur vers un endroit précis du terrain. Mes coéquipiers, Robin Bélanger et Vincent Gagné, et moi sommes avons tous convergé vers l’ouverture avant le retourneur, autour de la ligne de 25. Nous l’avons tous plaqué en même temps. Quand nous nous sommes relevés, nous avons bien vu qu’il était un peu découragé car il croyait vraiment qu’il allait réussir un long retour.
Sur la série qui a suivi, nous les avons complètement emboîtés, puis nous avons immédiatement ajouté un placement sur notre possession suivante.
(Note: Les Redmen sont rentrés au vestiaire à la mi-temps avec une avance de 17-3 et avaient creusé l’écart à 40-3 quand UBC a finalement marqué son seul touché du match, alors qu’il ne restait que 7 :24 à écouler au quatrième quart)
Personnellement, quel fut votre plus gros jeu ou votre plus importante contribution dans le match?
Notre objectif du côté défensif était de frapper avec aplomb afin de lancer un message, afin que les joueurs de UBC sachent qu’ils allaient se faire frapper solidement à chaque fois qu’ils mettraient les pieds sur le terrain. Je me souviens d’un jeu en particulier où j’étais en couverture homme à homme. J’avais vraiment bien lu le jeu et dès que leur receveur a capté le ballon et s’est retourné vers moi, je l’ai plaqué solidement à la hauteur de la poitrine, l’ai soulevé dans les airs et l’ai rabattu au sol. Je me suis vraiment fait plaisir sur ce jeu!
Comment avez-vous réagi - personnellement ou en tant que groupe - au stade, à la foule, aux conditions climatiques?
À l’époque, c’était la Coupe Vanier la plus froide de l’histoire et quand nous nous sommes présentés sur le terrain pour l’échauffement d’avant-match, le sol était gelé et très glissant. Plusieurs de nos joueurs n’avaient pas les chaussures appropriées, alors notre entraîneur-chef, Charlie Baillie, a demandé à un membre du personnel de soutien – Rob Watt – d’aller acheter toutes les paires de souliers de ballon balai qu’il pourrait trouver. Selon la légende, il a pris l’autobus de l’équipe et sa carte de crédit et a longé Yonge Street pour finalement tomber sur un magasin dont le nom était « Soles Shoes ». Comme Mike Soles était notre porteur de ballon vedette, c’était parfait. Il a acheté toutes les paires qu’il a trouvées et est revenu au stade juste à temps pour le match. Il y avait juste assez de souliers pour les joueurs de ligne et les secondeurs. Je n’ai pas eu droit à une paire, mais ça avait fonctionné, non seulement physiquement mais aussi psychologiquement.
Les entraîneurs ont-ils changé quoi que ce soit dans la routine habituelle en préparation pour le match?
Les entraîneurs ont profité de la semaine pour faire des ajustements, particulièrement au niveau des couvertures du côté défensif, dans l’espoir d’éliminer leurs joueurs les plus dangereux. Nous avons passé d’innombrables heures à visionner et analyser des vidéos de UBC. Nos entraîneurs étaient aussi excités que nous de prendre part à la Coupe Vanier et ils avaient vraiment confiance d’avoir concocté des stratégies qui nous aideraient à vaincre les puissants Thunderbirds.
(Note: UBC avait remporté 21 parties consécutives – un record de SIC à l’époque – avant la Coupe Vanier 1987, soit une saison parfaite de 11-0 en 1986 et une fiche de 10-0 en 1987. Les Thunderbirds avaient dominé leurs adversaires de la conférence de l’Ouest par 232 à 101 lors de leurs huit matchs de calendrier régulier en 1987, alors que les Redmen n’avaient inscrit que 14 points de plus que leurs rivaux de la CFIOQ, soit 143 contre 129, en route vers un dossier de 5-2)
Est-il survenu quelque chose d’inhabituel ou hors de l’ordinaire pendant le match ou pendant la semaine?
Il y avait plusieurs personnages colorés au sein de l’équipe et les médias adoraient ça. Notre quart-arrière, Bryan « Pee Wee » Fuller, portait le tuxedo de son grand-père à son arrivée au stade et a donné des biscuits pour chien à nos joueurs de ligne offensive, surnommés les « Crazy Dogs », après qu’ils se soient mis à aboyer. Ce genre de truc aidait à alléger l’atmosphère.
Quels sont vos souvenirs des célébrations d’après-match sur le terrain et/ou dans le vestiaire?
Je me souviens d’avoir sauté un peu partout et d’avoir enlacé mon coéquipier, Vincent Gagné, car nous étions tellement heureux d’avoir gagné un championnat canadien. Je crois sincèrement que nous étions si excités que nous aurions pu continuer à jouer. Puis, je me souviens que nous sommes allés à une réception ce soir-là à la Brasserie Molson à Toronto – l’endroit était remplie d’anciens de McGill très connus, qui félicitaient l’équipe et les entraîneurs. C’était vraiment un moment très spécial pour notre université.
Quels sont vos souvenirs du voyage de retour?
Nous avions simplement beaucoup de plaisir, nous racontions des anecdotes amusantes. Mais je me souviens également d’avoir réalisé à quel point j’étais déshydraté en raison du match. C’était à la fois relax et festif, nous avons chanté des chansons pendant presque tout le trajet. Nous étions simplement heureux d’avoir atteint notre objectif.
Quelle fut la réaction sur le campus à votre retour?
Il y avait définitivement un « buzz » sur le campus et dans la ville en raison de notre victoire. L’administration de l’université et les anciens étaient aux anges. Les célébrations ont littéralement duré des mois. Nous avons été honorés à plusieurs endroits, incluant un match des Canadiens de Montréal et la parade de la St-Patrick. Nous avons même été invités par le maire à signer le livre d’or à l’hôtel de ville.
Les joueurs étaient-ils au courant que McGill était devenue la première université montréalaise à remporter la Coupe Vanier?
Nous étions en effet au courant, alors ça rendait notre exploit encore plus spécial. C’est incroyable de penser qu’aucune université montréalaise n’est arrivée à remporter la Coupe Vanier depuis, en près de 30 ans. Ça démontre à quel point c’est difficile de gagner un championnat canadien.
À l’époque, comme cette victoire à la Coupe Vanier a-t-elle changé votre quotidien?
Pour moi, ce fut une leçon importante. Ça m’a appris à toujours donner mon maximum afin d’atteindre mes objectifs. Cette victoire à la Coupe Vanier a servi à me rappeler que la persévérance, le dévouement et la persévérance viendront à bout de bien des défis.
À quelle fréquence vous remémorez-vous cette victoire à la Coupe Vanier?
Comme j’ai deux adolescents qui sont eux-mêmes très sportifs, ça ne me laisse pas beaucoup de temps pour ressasser mes vieux souvenirs. Par contre, je crois que mon entrain et ma passion, qui m’ont bien servi lorsque j’étais athlète, servent d’exemple à mes propres enfants aujourd’hui et qu’ils démontrent ces mêmes traits de caractère.
Dans quel domaine avez-vous étudié à McGill et dans quel domaine avez-vous travaillé par la suite?
J’ai obtenu un baccalauréat en sciences et je travaille depuis de nombreuses années comme architecte de données, de réseaux et de technologie. J’ai travaillé pour de nombreuses compagnies de télécommunication, dont Sprint, AT&T, 360 Networks, Bell et aujourd’hui, avec TELUS à Vancouver.
À PROPOS DE FLOYD SALAZAR:
Salazar, qui disputait une troisième saison avec McGill en 1987, a été sélectionné en quatrième ronde (31e au total) par Toronto lors du repêchage de la LCF en 1988 et a porté les couleurs des Argonauts et des Tiger-Cats de Hamilton.
