LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: Brad Elberg, Queen’s (1992)
Lors de la 28e Coupe Vanier, devant une foule de 28 645 amateurs au SkyDome de Toronto, les Golden Gaels de Queen’s ont enregistré le seul blanchissage dans l’histoire de la classique, disposant des Huskies de Saint Mary’s par 31-0 pour remporter un troisième titre canadien et leur deuxième sous la gouverne du légendaire entraîneur-chef Doug Hargreaves. Brad Elberg, un porteur de ballon originaire de Regina et membre de la première équipe d’étoiles de l’USIC, avait été nommé joueur par excellence après avoir amassé 136 verges en 23 courses et égalé le record de la Coupe Vanier avec trois touchés au sol.
LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: 1992
Une conversation avec...
Brad Elberg, porteur de ballon, Golden Gaels de l’Université Queen’s
Lors de la 28e Coupe Vanier, devant une foule de 28 645 amateurs au SkyDome de Toronto, les Golden Gaels de Queen’s ont enregistré le seul blanchissage dans l’histoire de la classique, disposant des Huskies de Saint Mary’s par 31-0 pour remporter un troisième titre canadien et leur deuxième sous la gouverne du légendaire entraîneur-chef Doug Hargreaves. Brad Elberg, un porteur de ballon originaire de Regina et membre de la première équipe d’étoiles de l’USIC, avait été nommé joueur par excellence après avoir amassé 136 verges en 23 courses et égalé le record de la Coupe Vanier avec trois touchés au sol.
Quel est votre principal souvenir de la semaine de la Coupe Vanier et de votre expérience en général?
Je me souviens surtout d’avoir fait partie d’un groupe exceptionnel d’entraîneurs, de soigneurs, de membres du personnel de soutien et de joueurs qui ont tous mis l’épaule à la roue pour atteindre un objectif qui nous tenait tant à cœur – gagner le championnat. Nous comptions sur des joueurs de grand talent – je pense à Dan Wright, Jason Moller et Paul Kozan à l’attaque et à Joel Dagnone, Mike Boone et Jamie Lewin en défensive. Mais ce qui était si spécial à propos de l’équipe de 1992 est que tout tournait autour du concept d’équipe, le tout était vraiment plus que la somme de ses parties. Aujourd’hui, je réalise à quel point c’est rare et je me considère chanceux d’avoir vécu une telle expérience.
Quel est votre principal souvenir du match comme tel?
À l’amorce du quatrième quart, nous détenions une avance confortable, alors nos entraîneurs, Doug Hargreaves et Bob Howes, avaient décidé que Paul Beresford et Don Rorwick termineraient la partie comme porteurs de ballon. Ça m’a donné l’occasion de regarder autour de moi et de porter une plus grande attention à ce qui se passait dans les estrades. Je me souviens d’avoir repéré nos parents et nos familles et d’avoir remarqué à quel point ils étaient fiers. Je me souviens également de la marée tricolore et du plaisir que semblaient avoir nos partisans. Une partie de moi avait envie d’enlever mon casque et mes épaulettes et de me joindre à eux pour quelques instants.
Quel fut le jeu clé du match selon vous?
Il y a eu beaucoup de jeux importants. La défensive était la force de notre équipe. Le joueur de ligne défensive Eric Dell avait forcé un rival à écoper d’une punition pour l’avoir retenu, ce qui avait annulé une longue passe de Saint Mary’s en début de rencontre. Notre coordonnateur défensif, Bob Mullen, avait concocté tout un plan de match et, au troisième quart, notre défensive avait stoppé Saint Mary’s à la porte des buts sur un troisième essai. Ces deux jeux furent très importants.
Toutefois, le jeu clé fut la passe de touché de 78 verges de Tim Pendergast à Brian Alford au deuxième quart. Ce jeu a changé l’allure de la partie. Ce touché nous procurait une avance de 14-0 et Saint Mary’s a dû dévier de son plan de match, alors que nous avons pu continuer de suivre le nôtre à la lettre.
(Note: Dell, un vétéran de quatrième saison originaire de Sudbury, Ont., fut le tout premier récipiendaire du prix Bruce Coulter, remis au joueur par excellence évoluant de l’autre côté du ballon que le joueur le plus utile de la Coupe Vanier. La défensive de Queen’s avait limité Saint Mary’s à 198 verges d’attaque, dont seulement 93 par la voie des airs. De son côté, Pendergast n’avait complété que sept passes au cours de l’après-midi alors que les Golden Gaels ont couru avec le ballon sur 72% de leurs jeux offensifs, mais chacune de ses passes complétées avait résulté en un premier essai. Alford a réussi son long touché sur son seul attrapé du duel)
Personnellement, quel fut votre plus gros jeu ou votre moment préféré dans le match?
Mon moment préféré fut définitivement lorsqu’on nous a remis la Coupe Vanier. Mike Boone, Don Rorwick et moi avions eu la chance d’être nommés co-capitaines par nos coéquipiers et c’est donc nous qui avons eu l’honneur d’accepter la coupe en leur nom. Je n’oublierai jamais ce moment. Et je suis certain que c’est la même chose pour Mike et Don.
(Note: Boone était un secondeur de cinquième année de Mississauga, Ont., et Rorwick un porteur de ballon de quatrième saison de Fitzroy Harbour, Ont.)
Comment avez-vous réagi - personnellement ou en tant que groupe - au stade et à la foule?
Tous ensemble, tant les entraîneurs et que les joueurs, nous avons tout fait pour minimiser les effets du stade et de la foule. La préparation en vue de la Coupe Vanier est très différente de celle pour les autres semaines. La couverture médiatique et le fait de jouer aux SkyDome représentaient de potentielles distractions. Nous avions disputé la Coupe Churchill dans le Dome en 1991 et bien que ce soit un match que nous aimerions oublier, l’expérience nous a été bénéfique en 1992. Ce fut un avantage et nous n’avons pas été affectés autant par cet environnement que si nous en avions été à une première expérience.
(Note: Queen’s avait perdu par 42-22 contre les éventuels champion de la Coupe Vanier, Wilfrid Laurier, lors de la Coupe Churchill de 1991)
Quels sont vos souvenirs des célébrations d’après-match sur le terrain et/ou dans le vestiaire?
Comme je le mentionnais, recevoir la Coupe Vanier à la fin du match est mon plus beau souvenir.
Mais je me souviens également que j’avais raté une partie des célébrations car j’avais été choisi pour les tests antidopage. Une fois mon test terminé, je suis retourné au vestiaire, mais l’équipe avait quitté pour assister à une réception à l’hôtel. Quand je suis arrivé à la réception, l’équipe avait quitté pour aller poursuivre la fête dans un bar. Quand j’ai finalement rejoins l’équipe, les célébrations étaient plutôt avancées et Dan McCullough et Mark Morrison menaient le bal. Nous avons eu énormément de plaisir.
À l’époque, comment cette victoire à la Coupe Vanier a-t-elle changé votre quotidien?
À l’époque, je ne crois pas que ça avait bouleversé nos vies. Nous avions célébré pendant quelques jours à notre retour à Kingston, mais par la suite, il a fallu remettre rapidement le nez dans nos livres. Les séries éliminatoires avaient été longues et plusieurs d’entre nous avions du rattrapage à faire à l’aube de la période des examens.
Ceci étant, la Coupe Vanier a profondément affecté nos vies à long terme. C’est en grande partie cette expérience qui fait que tant de membres de l’équipe de 1992 sont encore en contact aujourd’hui. Plusieurs de mes meilleurs amis sont d’anciens coéquipiers de 1992.
Le fait de remporter la Coupe Vanier pour Queen’s, qui possède une si riche tradition en football, revêtait-il une signification particulière?
Chaque membre de l’équipe de 1992 est conscient de la signification d’avoir gagné une Coupe Vanier pour Queen’s. Chaque année, de nombreuses équipes entament la saison avec comme objectif de remporter la Coupe Vanier, mais seulement une atteint cet objectif. Nous sommes très fiers d’avoir été cette équipe en 1992.
Dans quel domaine avez-vous étudié à Queen’s et dans quel domaine avez-vous travaillé par la suite?
Après avoir complété mon baccalauréat à Queen’s, j’ai joué pendant neuf saisons dans la Ligue canadienne de football, soit trois avec Hamilton, deux avec Winnipeg et quatre avec Toronto. J’ai obtenu mon diplôme en droit de Queen’s pendant mon passage dans la LCF et je suis avocat depuis 2002. Je suis actuellement partenaire avec la firme national Miller Thomson LLP et je pratique à nos bureaux de Toronto et de Regina.
