LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: Shawn Olson, UBC (1997)
Lors de la 33e Coupe Vanier, les Thunderbirds de UBC ont remporté le troisième titre canadien de leur histoire grâce à un gain de 39-23 sur les Gee-Gees d’Ottawa au SkyDome à Toronto. Deux jours après avoir reçu le trophée Hec Crighton, le porteur de ballon Mark Nohra était un cas incertain pour le match en raison d’une blessure à un genou, mais il était finalement dans l’alignement et a amassé 166 verges et deux touchés par la course. Shawn Olson, un quart-arrière de deuxième saison originaire de Surrey. C.B., était aux premières loges pour assister au spectacle puisqu’il a remis le ballon 29 fois à son demi étoile ce jour-là, tout en récoltant 170 verges et un majeur par la passe.
LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: 1997
Une conversation avec...
Shawn Olson, quart-arrière, Huskies de l’Université de la Colombie-Britannique
Lors de la 33e Coupe Vanier, les Thunderbirds de UBC ont remporté le troisième titre canadien de leur histoire grâce à un gain de 39-23 sur les Gee-Gees d’Ottawa au SkyDome à Toronto. Deux jours après avoir reçu le trophée Hec Crighton, le porteur de ballon Mark Nohra était un cas incertain pour le match en raison d’une blessure à un genou, mais il était finalement dans l’alignement et a amassé 166 verges et deux touchés par la course. Shawn Olson, un quart-arrière de deuxième saison originaire de Surrey. C.B., était aux premières loges pour assister au spectacle puisqu’il a remis le ballon 29 fois à son demi étoile ce jour-là, tout en récoltant 170 verges et un majeur par la passe.
Quel est votre principal souvenir du match comme tel en 1997?
J’en ai deux, en fait. Je me souviens d’avoir été très anxieux dans les dernières minutes du match, malgré le fait que nous menions par 32 points. Je ne sais pas trop pourquoi. Je ne pouvais attendre le dernier coup de sifflet.
Je me souviens également d’un jeu en particulier, car ce fut un jeu clé pour nous. J’ai changé le jeu à la ligne de mêlée sur une passe de touché vers Frank Lussier qui nous procurait une avance de 17-4 au milieu du deuxième quart. Nous avions pratiqué ce jeu pendant la semaine et entendions l’utiliser si Ottawa nous présentait une certaine formation défensive. Ce n’était rien de compliqué, mais nous l’avions bien pratiqué et l’avons exécuté à la perfection en situation de match. Ça aurait dû être un gain de cinq verges seulement, mais Frank a évité un plaqué et a franchi 29 verges jusque dans la zone des buts. Je me souviens que c’est à ce moment que j’ai eu la certitude que nous allions gagner.
(Note: Tirant de l’arrière par 39-7, Ottawa avait inscrit deux touchés dans les trois dernières minutes de la rencontre pour rendre le pointage final plus respectable)
Quand avez-vous su que le gagnant du trophée Hec Crighton, Mark Nohra, allait jouer?
Pour être honnête, je croyais qu’il allait jouer la semaine précédente lors de la Coupe Atlantique, car c’est ce que nos entraîneurs nous disaient. À la Coupe Vanier, nous avons su assez tôt dans la semaine qu’il allait jouer. La question était : à quel point allait-il pouvoir contribuer?
(Note: Lors de la saison régulière 1997, Nohra avait terminé premier au pays avec 11 touchés au sol et deuxième avec 1216 verges par la course en huit parties, en route vers une deuxième sélection consécutive sur la première équipe d’étoiles de l’USIC et le titre de joueur de l’année. Vétéran de cinquième campagne originaire de Toronto, il portait l’uniforme de UBC pour une dernière fois lors de la Coupe Vanier et ses 29 portées, le deuxième plus haut total dans l’histoire du match à l’époque, viennent toujours au troisième rang sur la liste de tous les temps)
Personnellement, la présence de Nohra dans l’alignement vous a-t-elle enlevé de la pression?
À l’époque, notre entraîneur-chef, Casey Smith, faisait un très bon travail quand venait le temps de me soustraire à la pression. C’est l’une des raisons pourquoi il m’avait dit, avant la Coupe Atlantique, que Mark allait jouer. Je m’étais préparé pour le match en me disant que tout ne reposait pas sur mes épaules. Alors quand nous avons finalement appris qu’il ne serait pas de l’alignement, il était trop tard, je n’ai pas eu le temps de m’en faire avec ça.
(Note: Olson avait été nommé joueur le plus utile de la Coupe Atlantique après avoir récolté 402 verges et deux touchés par la passe dans une victoire de 34-29 sur Mount Allison à Halifax)
Est-il survenu quelque chose d’inhabituel ou hors de l’ordinaire pendant le match ou pendant la semaine?
C’était spécial car nous avons passé deux semaines sur la route. Nous ne sommes pas retournés à Vancouver, nous sommes allés directement de Halifax à Toronto, alors c’était un peu irréel de vitre à l’hôtel et de ne pas aller à l’université. C’était comme si nous étions des athlètes professionnels.
De plus, la température était différente de ce à quoi nous étions habitués. La plupart d’entre nous étant originaires de la Colombie-Britannique, nous n’étions pas très habitués à la neige. Il avait neigé à Halifax avant la Coupe Atlantique et, à notre arrivée à Toronto, il y a eu une énorme bordée et nous avons dû pratiquer pendant plusieurs jours dans un pied de neige sur un terrain non déblayé au milieu de Toronto.
Les entraîneurs ont-ils changé quoi que ce soit dans la routine habituelle en préparation pour le match?
La seule chose qui était différente était les nombreuses réunions. Toutefois, ces réunions sont devenues plus divertissantes à mesure que la semaine avançait. Après quelques jours au Westin, les gars ont commencé à prendre leurs aises et à se présenter aux réunions vêtus des robes de chambres de l’hôtel. À la fin de la semaine, c’était devenu la norme. S’il y avait une réunion, il fallait porter la robe chambre.
Comment les joueurs ont-ils réagi face à la perspective de jouer au SkyDome?
Ce n’était pas une grosse distraction pour nous car nous étions habitués de jouer dans un stade de la LCF, le Stade McMahon à Calgary. Après notre première pratique au SkyDome, la mentalité était : ok, c’est juste un stade, concentrons-nous sur le match.
Quels sont vos souvenirs des célébrations d’après-match sur le terrain et/ou dans le vestiaire?
Je me souviens qu’il fallait vraiment que j’aille aux toilettes, alors dès que le match a pris fin, j’ai couru vers les toilettes et j’ai bien dû manquer les cinq premières minutes des célébrations.
Dans l’ensemble, nous étions soulagés d’avoir atteint l’objectif que nous nous étions fixés en début de saison. Le meilleur moment des célébrations est survenu dans le vestiaire quand Coach Smith y est allé d’une danse. C’était vraiment amusant.
Quels sont vos souvenirs du voyage de retour?
Je me souviens que nous avions laissé Ryan Hecker à Toronto. Il était un receveur recrue et il était tombé endormi après une folle nuit de célébration. Il ne s’est pas levé à temps et il a manqué le vol de retour.
Quelle fut la réaction sur le campus à votre retour?
Pour être honnête, cette période est complètement floue. Nous nous étions absentés pendant deux semaines, alors dès notre retour il a fallu se replonger dans les livres et se préparer pour les examens. Je me souviens que nous avions été honorés lors d’un match de notre équipe masculine de basketball le week-end suivant notre retour.
À l’époque, comment cette victoire à la Coupe Vanier a-t-elle changé votre quotidien?
À chaque fois que vous réalisé quelque chose de difficile, ça vous donne confiance, un sentiment de réussite, et c’est important dans le développement d’une personne. C’est une des grandes leçons de la vie : si vous vous mettez en tête d’accomplir quelque chose, vous pouvez y arriver.
À quelle fréquence vous remémorez-vous cette victoire à la Coupe Vanier?
J’y repense assez régulièrement. Plus je vieillis, plus je prends conscience à quel point la ligne est mince entre la victoire et la défaite. Les équipes championnes, aussi bonnes soient-elles, ont besoin d’une certaine dose de chance pour remporter les grands honneurs. Alors quand je repense à notre conquête de la Coupe Vanier, je pense à tous les petits détails, aux bonds favorables, et je réalise à quel point nous avons eu de la chance d’avoir atteint notre but ultime.
La Coupe Vanier fut le dernier match de Casey Smith comme entraîneur.
Je me souviendrai toujours de Casey comme d’un homme déterminé, qui pouvait être intimidant quand il se devait de l’être, mais qui commandait un énorme respect. Bien qu’il était parfois dur envers moi, je l’avais en très haute estime. Je n’oublierai jamais le contraste entre cette image que j’avais de lui et son apparence l’année suivante alors qu’il venait parfois assister à nos entraînements. Il était très malade et paraissait si frêle. C’est la première fois que j’étais exposé aux effets dévastateurs du cancer et ça m’a appris à ne rien prendre pour acquis.
(Note: Casey Smith est décédé d’un cancer du foie le 28 novembre 1998, six après le premier anniversaire du triomphe des Thunderbirds en 1997)
À PROPOS DE SHAWN OLSON (courtoisie de UBC):
Olson a disputé cinq saisons avec UBC de 1996 à 2000. Il a été entraîneur pendant un an avec l’Université de Calgary avant de s’expatrier en Autriche et d’y passer quatre campagnes avec les Vikings de Vienne, de 2002 à 2005, période pendant laquelle il a mené l’équipe à trois conquêtes consécutives de l’Euro Bowl. Suite à la saison 2005, il est demeuré à Vienne pendant deux ans afin de diriger les Vikings. Il est revenu au Canada en 2007 pour accepter le poste de coordonnateur offensif du Clan de l’Université Simon Fraser. En 2010, il a été nommé entraîneur-chef des Thunderbirds et a dirigé l’équipe pendant cinq campagnes, méritant le titre d’entraîneur par excellence de Canada-Ouest en 2011.
