LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: Trevor Ludtke, Université de la Saskatchewan (1998)
Lors de la 34e Coupe Vanier, au SkyDome de Toronto, les Huskies de la Saskatchewan ont vaincu les Stingers de Concordia par 24-17 pour remporter un deuxième titre canadien en trois ans et le troisième de leur histoire. Il s’agissait d’une troisième participation à la Coupe Vanier en cinq ans pour les Huskies, qui avait subi un revers crève-cœur en prolongation en 1994 avant de décrocher les grands honneurs en 1996 et 1998. L’un des six joueurs de l’UdeS qui avaient pris part à chacune des trois finales de l’USIC est le secondeur Trevor Ludtke, nommé joueur le plus utile du match en 1998 après avoir inscrit le touché gagnant en recouvrant un échappé dans la zone des buts alors qu’il ne restait que 2:08 au cadran.
LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: 1998
Une conversation avec...
Trevor Ludtke, secondeur, Huskies de l’Université de la Saskatchewan
Lors de la 34e Coupe Vanier, au SkyDome de Toronto, les Huskies de la Saskatchewan ont vaincu les Stingers de Concordia par 24-17 pour remporter un deuxième titre canadien en trois ans et le troisième de leur histoire. Il s’agissait d’une troisième participation à la Coupe Vanier en cinq ans pour les Huskies, qui avait subi un revers crève-cœur en prolongation en 1994 avant de décrocher les grands honneurs en 1996 et 1998. L’un des six joueurs de l’UdeS qui avaient pris part à chacune des trois finales de l’USIC est le secondeur Trevor Ludtke, nommé joueur le plus utile du match en 1998 après avoir inscrit le touché gagnant en recouvrant un échappé dans la zone des buts alors qu’il ne restait que 2:08 au cadran.
Quel est votre principal souvenir de la semaine de la Coupe Vanier et de votre expérience en général en 1998?
Je me souviens d’un grand calme dans l’entourage de l’équipe. En 1994, j’avais peine à croire que je participais à la Coupe Vanier à ma première saison et, en général, j’étais très tendu. Puis, en 1996, nous nous étions mis beaucoup de pression sur les épaules car nous voulions prouver que nous pouvions remporter le gros match. L’équipe de 1998 regorgeait de vétérans. Nous avions confiance en nos coéquipiers et je crois que c’est ce qui a produit cette semaine très calme, une semaine empreinte de confiance.
Quel est votre principal souvenir du match comme tel?
Évidemment, je me souviens de toute l’unité défensive se sautant dans les bras après notre important touché dans les derniers instants du match, puis de la folie sur le terrain après le dernier coup de sifflet.
Mais je me souviens encore de ce qui fut probablement notre seule erreur en défensive au cours d’une performance autrement presque parfaite. Nous avions laissé leur porteur de ballon s’échapper pour un touché de 55 verges sur un jeu d’option. Le même jeu d’option que nous avions tous vu depuis l’école secondaire. Le même jeu d’option que nous avions tous appris à contrer depuis l’école secondaire. L’aspect positif de ce jeu et que nous avons immédiatement apporté les ajustements nécessaires et je ne crois pas qu’ils aient gagné une seul verge au sol à partir de ce moment.
(Note: Le touché d’Evan Davis après 5:53 de jeu au troisième quart a permis à Concordia de récolter 55 de ses 76 verges au sol ce jour-là)
Quel fut le jeu clé du match selon vous?
Je ne crois pas que je pourrais identifier un seul jeu. La raison pour laquelle nous avons connu tant de succès lors de mon passage avec les Huskies est que nous travaillions tellement bien en équipe. Ceci étant, depuis la finale de 1998, nous avons analysé le match sous tous ses angles à de très nombreuses reprises autour d’un verre et je crois que nous avons découvert que tous nos points avaient été marqués par des joueurs originaires de Regina : Lynden, Kellett et moi-même. Alors je pense que le jeu clé fut l’excellent recrutement de notre entraîneur Brian Towriss à Regina. Prend ça, Saskatoon!
(Note: Matt Kellett, un botteur de troisième année, avait marqué la moitié des points des Huskies lors de la Coupe Vanier de 1998 grâce à trois placements, deux transformations et un simple. Todd Lynden, un porteur de ballon de quatrième saison, avait capté une passe de touché de neuf verges alors qu’il restait 1:56 à écouler à la première demie pour procurer à la Saskatchewan une avance de 10-3 à la pause. Ludtke, qui disputait son dernier match dans l’uniforme des Huskies, avait complété le pointage avec son échappé recouvert)
Personnellement, quel fut votre plus gros jeu ou votre plus importante contribution dans le match?
J’ai toujours aimé les unités spéciales. Évoluer en défensive est très plaisant car vous pouvez vous donner un élan de cinq verges et plaquer quelqu’un le plus solidement possible, mais sur les unités spéciales, vous pouvez vous donner un élan de 40 verges et plaquer quelqu’un le plus solidement possible. Ça c’est vraiment génial, alors vous ne serez pas surpris si je choisis un jeu sur les unités spéciales.
C’était lors d’une couverture de dégagement en deuxième demie, et Warren Muzika et moi avons atteint le retourneur en premier. Nous avons contourné leurs bloqueurs et Muzina a frappé le retourneur de telle façon qu’il l’a dirigé en ma direction. Je l’ai plaqué si solidement qu’il a fait un son que je ne suis pas capable de reproduire ou d’écrire – j’imagine que ce serait quelque chose comme 'eehhhararrgge' – et il a échappé le ballon. Il ne voulait pas se relever et on pouvait voir qu’il n’avait pas le goût de continuer. C’est le genre de plaqués dont vous rêvez au football.
Les entraîneurs ont-ils changé quoi que ce soit dans la routine habituelle en préparation pour le match?
Non, ils ont conservé à peu de choses près la routine habituelle. Leur message était que c’était une semaine de travail comme les autres : faites votre travail comme à l’habitude et les résultats seront ceux auxquels vous vous attendez.
Comment avez-vous réagi - personnellement ou en tant que groupe - au stade et à la foule?
C’était toujours extraordinaire de sortir du tunnel et de voir une marée verte dans le stade, partout où nous jouions. Les partisans des Huskies sont exceptionnels et, peu importe nos adversaires à la Coupe Vanier, nous nous sentions toujours comme l’équipe locale.
Quels sont vos souvenirs des célébrations d’après-match sur le terrain et/ou dans le vestiaire?
Je me souviens d’avoir enlacé tous les vétérans de cinquième année. Nous évoluions ensemble depuis si longtemps, nous avions vécu tellement de choses ensemble, nous nous étions dit à maintes reprises que c’était la seule façon acceptable de terminer notre carrière universitaire. Ce fut ma partie préférée des célébrations d’après-match. Voir la satisfaction sur le visage des finissants.
(Note: Outre Ludtke, le joueur de ligne offensive Scott Flory, le joueur de ligne défensive James Repesse, le receveur Jarret Rennie et les secondeurs Mike Stewart et Warren Muzika étaient en uniforme pour chacune des trois participations des Huskies à la Coupe Vanier en 1994, 1996 et 1998)
Quelle fut la réaction sur le campus à votre retour?
C’était fou, c’était la frénésie sur tout le campus et tout le monde se laissait emporter par cette vague. Même des gens que je n’aurais jamais soupçonnés être des amateurs de football m’abordaient pour me féliciter et me dire à quel point ils étaient fiers de l’équipe.
À l’époque, comment cette deuxième victoire à la Coupe Vanier a-t-elle changé votre quotidien?
La vie d’un étudiant athlète est très remplie. J’aimerais bien vous dire que nous avons fait la fête pendant des semaines. Mais en réalité, il avait fallu se remettre tout de suite le nez dans les livres et étudier à fond en vue des examens de décembre. La réalité nous avait rattrapés très rapidement.
À quelle fréquence vous remémorez-vous vos victoires à la Coupe Vanier?
J’aime en parler probablement plus que je le devrais. Je suis encore très proche de plusieurs de mes anciens coéquipiers et nous aimons bien parler de notre passage avec les Huskies. Nous nous obstinons à propos de certains jeux, remettons en question certaines stratégies, et à l’occasion nous devons dépoussiérer nos grosses bagues, car il n’y a pas beaucoup d’occasions où vous pouvez porter ces bagues sans avoir l’air ridicule
Vous avez triomphé en 1996, puis à nouveau 1998. La deuxième conquête était-elle aussi satisfaisante?
Je suis aussi fier de nos accomplissements de 1996 et de 1998. C’était deux équipes exceptionnelles et c’est incroyable de penser que nous pouvions perdre des joueurs, les remplacer, et maintenir tant de cohésion et continuer à connaître du succès.
Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez reçu le trophée Ted Morris?
C’était flatteur d’être reconnu de cette façon, mais toute l’unité défensive aurait mérité ce trophée. Michael Milo et Brent Dancey ont mis de la pression sur le quart-arrière pendant tout le match, Kurtis Albers les a fait payer pour chaque mauvaise passe, Colin Dutton s’est assuré que si un de leurs joueurs captait une passe il en payerait au moins le prix, et Muzika plaquait des adversaires partout sur le terrain dans son rôle d’homme à tout faire. J’étais fier de notre effort du début à la fin du match et très heureux de recevoir le trophée Ted Morris.
(Note: En plus du touché gagnant, Ludtke avait récolté 6,5 plaqués, incluant cinq en solo, un sommet dans l’équipe. Albers avait établi un record de la Coupe Vanier avec trois interceptions, alors que Muzika avait réussi trois plaqués pour des pertes)
Dans quel programme avez-vous étudié et dans quel domaine travaillez-vous aujourd’hui?
J’ai obtenu un baccalauréat en génie mécanique en 2001. Je suis présentement une formation en vue de devenir pilote pour les Forces canadiennes.
Quelle influence ces victoires à la Coupe Vanier ont-elles sur votre carrière actuelle?
Je crois qu’il y a d’innombrables bénéfices à pratiquer un sport d’équipe. Pendant ma carrière de footballeur, j’ai développé de nombreux traits de caractère et appris de nombreuses leçons de vie qui me servent à tous les jours, que ce soit le travail d’équipe, la communication, la confiance en ses coéquipiers, le leadership, et j’en passe.
