LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: Régis Cibasu, Carabins de l’Université de Montréal (2014)
Lors de la 50e Coupe Vanier, la première présentée à Montréal, l’équipe locale des Carabins de Montréal a remporté le premier titre canadien de son histoire grâce à une dramatique victoire de 20-19 sur les Marauders de McMaster devant 22 649 spectateurs au Stade Mémorial Percival-Molson. S’accrochant à une mince avance d’un point, les Carabins ont bloqué une tentative de placement de 31 verges dans la dernière minute de jeu pour créer l’euphorie dans la foule. Régis Cibasu, un receveur éloigné recrue né à Kinshasa, au Congo, a été nommé joueur par excellence et a reçu le trophée commémoratif Ted Morris grâce à ses six attrapés pour des gains de 90 verges, un sommet dans la rencontre.
LES ENTREVUES DE LA 50E COUPE VANIER: 2014
Une conversation avec...
Régis Cibasu, receveur éloigné, Carabins de l’Université de Montréal
Lors de la 50e Coupe Vanier, la première présentée à Montréal, l’équipe locale des Carabins de Montréal a remporté le premier titre canadien de son histoire grâce à une dramatique victoire de 20-19 sur les Marauders de McMaster devant 22 649 spectateurs au Stade Mémorial Percival-Molson. S’accrochant à une mince avance d’un point, les Carabins ont bloqué une tentative de placement de 31 verges dans la dernière minute de jeu pour créer l’euphorie dans la foule. Régis Cibasu, un receveur éloigné recrue né à Kinshasa, au Congo, a été nommé joueur par excellence et a reçu le trophée commémoratif Ted Morris grâce à ses six attrapés pour des gains de 90 verges, un sommet dans la rencontre.
Si vous retournez au camp d’entraînement au mois d’août, dans vos rêves les plus fous, vous imaginiez-vous non seulement soulever la Coupe Vanier, mais en plus être nommé joueur par excellence du match ?
Nous savions que nous avions une bonne équipe cette saison. Gagner la Coupe Vanier était notre but commun et nous nous disions depuis le début qu’il était possible de pouvoir l’atteindre. Nous avons travaillé dur toute l’année pour y arriver. Cependant, je n’avais jamais songé que j’aurais pu être le joueur par excellence de ce match. Lorsque j’ai reçu le trophée à la fin du match, j’étais sous le choc.
Parlez-nous de l’ambiance qui régnait dans le vestiaire des Carabins avant le match.
Nous étions tous très concentrés. C’était très calme et plusieurs joueurs écoutaient leur musique. C’était la même préparation que pour les autres matchs. De mon côté, j’aime aussi faire de la visualisation en écoutant de la musique.
Vous avez eu la chance de disputer la Coupe Vanier devant vos partisans à Montréal. Qu’avez-vous ressenti au moment où l’équipe a fait son entrée sur le terrain devant plus de 22 000 spectateurs en délire au Stade Molson?
C’est certain que c’était un match important et il y avait une ambiance différente. Nous sentions que les gens nous appuyaient, qu’ils étaient avec nous. Nous avions l’impression d’être à la maison et nous avions aussi beaucoup de famille et amis qui étaient présents et ça faisait plaisir de les voir.
(Note: Les Carabins sont devenus le troisième programme à remporter la Coupe Vanier dans sa propre ville, après les Varsity Blues de Toronto, qui ont accompli l’exploit en 1965 et 1993, ainsi que le Rouge et Or de Laval, qui a triomphé à Québec en 2010 et 2013)
À quel point la foule vous a-t-elle transportés pendant ce match?
Dès que le match a commencé, nous ne pensions plus à ce qui était à l’extérieur du terrain de football, à la foule. Je parlais avec notre unité offensive et nous continuions à rester concentrés ensemble sur les jeux à compléter.
Vous tiriez de l’arrière par 10 points à la mi-temps. Quel fut le message des entraîneurs dans le vestiaire? Certains vétérans ont-ils pris la parole eux aussi?
Nous sommes restés calmes. Nous savions tous que nous pouvions revenir de l’arrière. Personne ne s’est levé pour livrer un discours. Les entraîneurs nous ont dit de sortir sur le terrain comme nous en sommes capables, comme pour tous les autres matchs que nous avons gagnés cette année. C’est ce que nous avons fait en revenant en force en deuxième demie.
(Note: L’attaque montréalaise a été tenue en échec pendant toute la première demie et les Carabins tiraient de l’arrière par 13-3 après 30 minutes d’action. Une passe de touché de neuf verges de Gabriel Cousineau à Philip Enchill après 2:15 de jeu au troisième quart a réduit l’écart à 13-10. Suite à deux placements de McMaster plus tard au troisième engagement, les Carabins ont dominé le quatrième quart par 10-0 grâce à une course de touché de trois verges de Sean Thomas Erlington à 4:12 et à un placement de 13 verges de Louis-Philippe Simoneau à 12:15)
Au début du quatrième quart, vous avez effectué un attrapé spectaculaire à la ligne de trois verges de McMaster, ce qui a mené directement à un touché qui réduisait l’avance des Marauders à 19-17. Parlez-nous de ce jeu, que plusieurs considèrent comme le jeu clé du match pour l’attaque des Carabins.
Je savais que j’allais être dans une situation à un contre un. Avec les entraîneurs, on se disait qu’une occasion comme celle-ci allait se présenter. Sur ce jeu, toute l’unité a fait le travail. La ligne offensive a bien protégé notre quart-arrière Gabriel Cousineau et il a lancé une belle passe précise. J’ai tout essayé pour compléter ce jeu. Quand notre porteur de ballon Sean Thomas Erlington a marqué le touché ensuite, j’étais vraiment content et j’ai couru vers lui pour le prendre dans mes bras.
(Note: Cibasu a réussi trois de ses six réceptions lors des deux poussées payantes de Montréal au quatrième quart. En plus de son attrapé de 32 verges qui a mené au touché de Thomas Erlington, la super recrue a capté des passes de 13 et 19 verges pour mettre la table pour le placement victorieux de Simoneau)
À quoi pensiez-vous alors que le botteur de McMaster se préparait pour sa tentative de placement dans la dernière minute de jeu? Les joueurs se parlaient-ils sur les lignes de côté?
Je ne regardais pas le jeu. Sur les lignes, nous étions tous silencieux et gardions notre main levée en faisant notre signe de rébellion comme depuis le début des séries éliminatoires. Quand on a entendu le botté bloqué, nous avons crié et sauté sur le terrain ensuite.
(Note: Mathieu Girard, un plaqueur étoile, a bloqué la tentative de placement de Tyler Crapigna, qui avait fait mouche à ses quatre premiers essais dans le match et qui détient le record de SIC avec 84 placements en carrière)
Décrivez-nous les célébrations sur le terrain après le match. Qui était à vos côtés lorsque le dernier coup de sifflet s’est fait entendre?
À la fin du match, c’était fou. Tous les membres de l’équipe se serraient dans leurs bras. Il y avait Philip Enchill et Maxime Fournier-Rioux à côté de moi, des vétérans, les entraîneurs. On criait sur le terrain et tout le monde nous entourait. C’était une très belle sensation.
Y avait-il des membres de votre famille présents au match avec qui vous avez eu la chance de partager cette victoire?
Toute ma famille était là et était évidemment contente. Nous avons pu prendre une photo ensemble avec la coupe. C’était la plus grosse victoire de ma carrière et j’ai eu la chance de pouvoir gagner devant eux, dans ma ville.
Cette victoire ultime contre McMaster sera pendant longtemps associée à votre première conquête de la Coupe Dunsmore à Québec, sur le terrain de vos grands rivaux de Laval. Pouvez-vous comparer les émotions suite à ces deux victoires historiques?
C’est certain que c’était spécial de vivre ces deux matchs. C’était ma première saison et je n’avais pas vécu les finales précédentes contre le Rouge et Or, mais je sentais que c’était une rencontre très importante pour les vétérans, et aussi pour tous les gens autour de l’équipe, les anciens joueurs. Beaucoup de gens pleuraient de joie après cette finale. Cette victoire nous a lancés dans la bonne direction pour les deux matchs suivants.
(Note: Avec leur dramatique victoire à la Coupe Vanier, les Carabins ont complété un parcours éliminatoire enlevant au cours duquel ils ont surpris le Rouge et Or, classé premier au Canada, par 12-9 en prolongation pour remporter une première bannière du RSEQ, avant de résister à une poussée tardive du Manitoba lors de la Coupe Uteck pour s’imposer par 29-26 devant leurs partisans du CEPSUM)
Il reste neuf mois avant le début de la saison 2015. Comptez-vous déjà les jours?
Présentement, on se concentre sur nos études, mais on se prépare doucement pour la prochaine saison en allant à la salle d’entraînement. Nous voulons revenir plus fort à l’automne prochain, comme à chaque saison.
